Affaire Epstein : le roi Charles III veut convaincre Trump d'aider la police britannique
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Un historien estime que le roi pourrait convaincre Donald Trump et qu’il devrait aider la police britannique qui enquête sur l’ex‑prince Andrew.
Le roi Charles III devrait mettre à profit sa prochaine visite d’État aux États‑Unis pour faire pression sur le président Donald Trump afin qu’il remette à la police britannique les dossiers Epstein non expurgés, a déclaré l’historien Andrew Lownie à Newsweek.
Les collaborateurs du palais de Buckingham préparent une visite d’État aux États‑Unis en avril, même si elle n’a pas encore été annoncée publiquement. Certains responsables politiques britanniques jugent toutefois qu’elle devrait être annulée après les remarques moqueuses de Trump à l’égard du premier ministre britannique Keir Starmer, sur fond de guerre en Iran.
On a cependant moins parlé d’un autre sujet de discorde transatlantique, appelé à prendre de l’ampleur dans les mois à venir : la police britannique qui enquête sur Andrew Mountbatten‑Windsor, l’ex‑prince Andrew, n’a pas réussi à obtenir les documents originaux non expurgés liés au délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein.
Lownie, auteur de "Entitled", une biographie de Mountbatten‑Windsor, le frère du roi, estime que Charles devrait maintenir sa visite d’État malgré les appels à l’annuler. Interrogé pour savoir si le souverain pourrait profiter de sa rencontre avec Trump pour faire avancer le dossier des fichiers, Lownie répond : "Oui. je crois que le roi pourrait très bien réussir à le convaincre Trump de faire des choses qui, autrement, ne seraient pas possibles."
La police de Thames Valley enquête sur Mountbatten‑Windsor pour suspicion de manquement à ses devoirs dans l’exercice d’une fonction publique, après avoir reçu un signalement l’accusant d’avoir transmis des documents gouvernementaux confidentiels à Epstein. Une autre enquête, similaire, de la Metropolitan Police vise l’ancien ambassadeur américain Peter Mandelson. Mandelson et Mountbatten‑Windsor nient toute infraction pénale en lien avec leurs relations avec Epstein.
Les deux enquêtes se heurtent à un obstacle majeur : les dossiers Epstein expurgés, rendus publics, sont irrecevables dans toute procédure judiciaire éventuelle. L’enjeu est suffisamment sérieux pour que Sir Mark Rowley, le chef de la Metropolitan Police, accorde récemment une interview à ABC News afin de demander la divulgation des dossiers non expurgés.
Lownie rappelle qu’en 2020, le département américain de la Justice, sous l’administration Biden, a saisi le ministère britannique de l’Intérieur pour obtenir le témoignage de Mountbatten‑Windsor en tant que témoin, sans jamais l’obtenir.
Il ajoute : "Pour la justice, pour les victimes, il faut que ces personnes rendent des comptes, mais nous savons tous comment le département de la justice américain a fonctionné. Pour ma part, je pense que Charles devrait y aller."
"C’est précisément le type de "soft powe" dans lequel la monarchie peut se montrer très efficace".
Trump tenait à inviter Charles aux États‑Unis pour marquer le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, mais cette visite d’État envisagée suscite la controverse au Royaume‑Uni, où Trump est bien moins populaire.
Un débat persistant agite la classe politique britannique : l’approche de Starmer, qui consiste à rester proche de Trump et à éviter la confrontation, produira‑t‑elle des bénéfices tangibles pour le Royaume‑Uni, ou Trump ne cherche‑t‑il qu’à obtenir les louanges et le décorum monarchique qu’il convoite, sans quasiment rien offrir en retour ?
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : Picture Alliance - Photoshot)
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