Après des mois de silence et de reports, l’UE sanctionne les colons israéliens violents en Cisjordanie
©ALEXANDRE LALLEMAND via Unsplash
Les vingt-sept ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont approuvé de nouvelles sanctions contre des colons israéliens en raison de la violence croissante envers les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Des mesures restrictives visent également des responsables du Hamas.
Les premiers effets de l’ère post-Viktor Orbán, vieil allié fidèle d’Israël, commencent à se faire sentir : le changement de gouvernement en Hongrie a, en effet, mis fin à des mois de retard dans les projets européens. Désormais, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont officiellement approuvé de nouvelles sanctions contre des colons israéliens pour des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie (la Commission européenne devra travailler sur des propositions de sanctions commerciales).
Ces mesures consistent, en règle générale, en un gel des avoirs dans l’Union et une interdiction d’entrée dans les pays membres. Une mesure nécessaire, enfin adoptée, mais qui soulève des interrogations : seront sanctionnées les principales organisations israéliennes coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie, mais pour le reste ? Quel nom l’Europe entend-elle donner à l’augmentation incontrôlée et systémique des attaques depuis (au moins) octobre 2023 ? L’ONU le rappelle, les colonies, illégales au regard du droit international, sont bâties sur des terres occupées par Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des zones que les Palestiniens revendiquent pour un futur État. Qui mettra un terme à cette situation, et quand ?
Tout cela intervient alors que la Knesset approuve une loi pour instaurer un tribunal militaire spécial chargé de juger les terroristes palestiniens accusés d’avoir commis des atrocités le 7 octobre 2023.
“Il était temps de passer de l’impasse à l’action… l’extrémisme et la violence ont des conséquences”, a écrit la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas sur X (ex-Twitter), soulignant que de nouvelles sanctions avaient été actées contre des figures de premier plan du Hamas.
En revanche, la proposition d’introduire des droits de douane ou des restrictions commerciales sur les produits provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie n’a pas recueilli les soutiens nécessaires.
Israël réagit
La réaction du gouvernement israélien ne s’est pas fait attendre : selon les informations de la BBC, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a qualifié la décision européenne d’"arbitraire" et "dénuée de tout fondement", accusant Bruxelles de s’en prendre à des citoyens et à des organisations israéliennes sur la base de considérations politiques. Sa’ar a également dénoncé le rapprochement opéré entre les colons sanctionnés et le Hamas, parlant d’une "équivalence morale totalement déformée".
La liste définitive des entités visées n’a pas encore été rendue publique, mais selon Reuters elle concernerait trois colons et quatre organisations liées au mouvement de colonisation.
La décision de l’Union européenne arrive extrêmement tard, mais elle marque néanmoins un tournant politique qui ne peut être réduit à un simple "symbole". Pendant des années, la violence des colons en Cisjordanie a été présentée comme un bruit de fond, un dommage collatéral d’un conflit plus vaste, tandis que des communautés palestiniennes entières étaient poussées hors de leurs maisons et arrachées à leur quotidien. Aujourd’hui, Bruxelles reconnaît, au moins en partie, que cette violence a des noms, des visages, des responsabilités, et qu’elle ne peut pas rester impunie.
Mais les sanctions, à elles seules, ne suffisent pas si elles restent isolées et si l’on ne s’attaque pas au nœud politique des colonies ; elles ne suffisent pas si la protection des droits humains continue de naviguer au gré des distinguos diplomatiques, des vetos croisés et des calculs d’intérêts.
Reste désormais à savoir si l’Europe entend réellement jouer un rôle cohérent ou si cette décision restera une parenthèse. Geler des avoirs et imposer des interdictions d’entrée est un premier pas. Mais qui vérifiera que les mesures sont effectivement appliquées ? Qui contrôlera les organisations concernées, les financements, les réseaux de soutien, les produits issus des colonies qui continuent de circuler ? Et qui veillera, surtout, aux droits de ceux qui, en Cisjordanie, continuent de vivre sous occupation, sous la menace et dans la peur ?
(©GreenMe.it 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : ALEXANDRE LALLEMAND via Unsplash)
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