The Press Junction.
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12 mai 2026

Comment Donald Trump compte influencer l'avenir de l'Iran ?

©picture alliance / newscom | BONNIE CASH

Le président Donald Trump a déclaré qu’il prévoyait de jouer un rôle direct dans le choix du prochain dirigeant de l’Iran après la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, selon une interview accordée à Axios.

Donald Trump a confié au média qu’il considérait Mojtaba Khamenei, le fils du dirigeant tué et probable successeur, “inacceptable”. Le président américain a comparé la situation à celle du Venezuela, affirmant avoir été personnellement impliqué dans les décisions de leadership dans ce pays. Il entend s’engager de la même manière avec l’Iran. (...)

Six jours après le début de la campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël, le conflit s’étend rapidement au-delà des frontières, recompose les équilibres régionaux et inquiète les dirigeants du monde entier. Dans le même temps, Washington poursuit ses efforts pour évacuer ses ressortissants de la région.

Les responsables américains ont affirmé que l’objectif des opérations contre l’Iran était d’affaiblir le programme nucléaire et la marine du pays, et non de provoquer un changement de régime.

Interrogé ce mardi 3 février par des journalistes sur l’identité de celui qu’il souhaiterait voir diriger l’Iran, Donald Trump a répondu : “La plupart des personnes auxquelles nous pensions sont mortes.”

Qui est le dirigeant actuel de l’Iran ?

On ne sait pas encore clairement qui émergera comme prochain dirigeant de l’Iran, bien que Mojtaba Khamenei soit considéré comme un prétendant sérieux. L’Assemblée des experts, un conseil de 88 membres, sera chargée de désigner le prochain guide. Parmi les autres noms cités figurent Hassan Khomeini — le petit-fils du premier guide suprême, l’ayatollah Rouhollah Khomeini — et le haut dignitaire religieux l’ayatollah Alireza Arafi, comme l’avait rapporté Newsweek. Actuellement, le pays est drigé par un conseil intérimaire composé d’Arafi, du président iranien Masoud Pezeshkian et du chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei.

Mojtaba Khamenei, 56 ans, est considéré comme un successeur potentiel de son père. Il est né en 1969 à Mashhad, une dizaine d’années avant la révolution islamique de 1979. Après la chute du chah, il a déménagé à Téhéran avec sa famille. Il a combattu pendant la guerre Iran-Irak aux côtés d’Habib ibn Mazahir, a rapporté l’Associeted Press. (...)

Il a été sanctionné par les États-Unis en 2019 pour avoir, selon Washington, contribué à “promouvoir les ambitions régionales déstabilisatrices et les objectifs nationaux oppressifs de son père”.

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Pourquoi l’Iran attaque-t-il d’autres pays ?

L’Iran a lancé des frappes contre plusieurs autres pays du Moyen-Orient depuis que les États-Unis et Israël l’ont frappé le week-end dernier. Téhéran a mené des frappes de représailles contre Israël et contre des alliés arabes du Golfe qui accueillent des forces américaines, notamment des bases au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.

Les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran lors d’une opération militaire baptisée “Opération Fureur épique”, après l’échec de pourparlers entre Washington et Téhéran concernant le programme nucléaire iranien. Donald Trump a affirmé que ces frappes visaient à anéantir les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et a exhorté les Iraniens à renverser leurs dirigeants une fois l’opération terminée, leur lançant : “Prenez le contrôle de votre gouvernement”. L’Iran a toujours nié chercher à se doter de l’arme nucléaire et menait des discussions diplomatiques avec les États-Unis quelques jours avant ces frappes afin d’éviter un conflit militaire.

Par le passé, le locataire de la Maison-Blanche avait déjà appelé à un changement de régime en Iran. Les États-Unis avaient lancé des frappes contre l’Iran en juin 2025, endommageant trois grandes installations nucléaires : Fordou, Natanz et Ispahan. Le président a également évoqué, dans son discours, la récente répression sanglante des manifestants en Iran, déclarant : “L’Iran est le premier État au monde à parrainer le terrorisme et vient tout récemment de tuer des dizaines de milliers de ses propres citoyens dans la rue alors qu’ils manifestaient.”

Le rapport 2025 de la Defense Intelligence Agency sur l’évaluation des menaces mondiales concluait pourtant que l’Iran ne produisait pas d’arme nucléaire. “Il est presque certain que l’Iran ne produit pas d’armes nucléaires, mais il a, ces dernières années, pris des mesures qui le placent en meilleure position pour en fabriquer, s’il choisissait de le faire. Depuis 2019, l’Iran a mené des activités qui dépassent les limites fixées par le Plan d’action global commun (JCPOA), notamment en augmentant la taille et le niveau d’enrichissement de son stock d’uranium, en produisant de petites quantités d’uranium métal, en restreignant la surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique aux niveaux antérieurs au JCPOA et en étendant l’enrichissement d’uranium sur son site de Fordow”, indique le rapport.

Les États-Unis ont laissé entendre qu’ils envisageaient de frapper plus profondément à l’intérieur du territoire iranien.

L’Iran va-t-il attaquer les États-Unis ?

Dans une note interne relayée par ABC News, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) estime qu’une “attaque physique à grande échelle” contre le territoire américain est “peu probable”, tout en mettant en garde contre des menaces à court terme. (...)

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