The Press Junction.
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28 juin 2026

Ils sont venus à Moscou pour des valeurs traditionnelles mais repartent les mains vides

©Andrey via Unsplash

La Russie est-elle la terre promise pour ceux qui sont frustrés par l'érosion des normes morales et souhaitent revenir aux valeurs traditionnelles ? BBC World a mené l'enquête et a rencontré des Occidentaux ouvertement opposés au mouvement "woke" et qui se sont installés en Russie.

Un groupe restreint mais notable de personnes originaires de pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et certaines régions d’Europe s’installe en Russie dans l’espoir d’y mener une vie davantage axée sur la foi, la famille et la sécurité. Par exemple, Leo Hare, un chrétien américain originaire du Texas, s’est installé en Russie fin 2023 après s’être vu accorder l’asile. Il pensait pouvoir y construire un avenir meilleur pour sa famille. Mais aujourd’hui, même lui avoue avoir de plus en plus de mal à supporter les restrictions en matière d’information et d’autres aspects du système russe.

Leo Hare s’inscrit dans un flux migratoire plus large que la Russie elle-même s’efforce activement d’encourager. En 2024, le président Vladimir Poutine a lancé les visas dits  "de valeurs communes", également connus dans les couloirs du pouvoir sous le nom de programme de visas "anti-woke". Ce programme accorde aux citoyens de 47 pays qualifiés par la Russie "d’hostiles" le droit à un séjour temporaire pouvant aller jusqu’à trois ans, sans exiger de tests de langue, d’histoire ou de connaissances. Les candidats doivent toutefois déclarer qu’ils partagent les valeurs spirituelles et morales traditionnelles de la Russie et rejettent "l’idéologie néolibérale destructrice" de leur pays d’origine.

Déception chez les Occidentaux venus s’installer en Russie pour ses "valeurs traditionnelles"

Cette politique s’inscrit dans la stratégie du Kremlin visant à présenter la Russie comme l’antithèse de l’Occident. Les agences de recrutement en ligne et les influenceurs présentent le pays comme un lieu où les valeurs familiales restent fortes et où la vie quotidienne semble plus sûre. Mais pour de nombreux nouveaux arrivants, la réalité s’avère plus difficile. Ben raconte qu’après avoir subi une perte financière, il s’est même retrouvé sans domicile fixe, et a dû par la suite repartir de zéro dans un petit appartement à Ivanovo.

Tout le monde ne part pas pour des raisons idéologiques. Ben, un Britannique originaire de Derby, s’est installé en Russie en 2023 pour rejoindre sa compagne russe. Il dit s’y sentir plus en sécurité, mais ne qualifie pas la Russie de paradis conservateur. Selon lui, la réalité et l’image véhiculée par certains influenceurs occidentaux sont deux choses bien distinctes.

Ce flux migratoire reste pour l’instant modeste, mais il montre bien comment la Russie tente de transformer le mécontentement idéologique en Occident en un discours sur l’immigration.

 

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