The Press Junction.
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12 mai 2026

La Russie menace de riposter si l’Estonie accueille des armes de l’OTAN

©Unsplash

Le ministre estonien des Affaires étrangères a laissé entendre qu'il était ouvert à l’idée de stationner des armes nucléaires de l'OTAN sur son sol.

La Russie a déclaré qu’elle braquerait son arsenal nucléaire sur l’Estonie, membre de l’OTAN, si des armes nucléaires étaient déployées dans ce pays balte.

"Nous ne menaçons pas l’Estonie, ni aucun autre pays européen, mais si des armes nucléaires dirigées contre nous se trouvent sur le territoire de l’Estonie, alors nos armes nucléaires seront braquées sur le territoire de l’Estonie, et l’Estonie doit en être parfaitement consciente", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dans des propos rapportés par les médias d’État russes.

Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a déclaré que Tallinn serait disposée à accueillir à l’avenir des armes nucléaires sur son territoire.

Il n’existe actuellement aucun projet public de transfert d’armes nucléaires vers le sol estonien, mais plusieurs autres membres européens de l’OTAN ont évoqué une révision de la répartition de ces armements sur le continent, alors que la confiance vacille quant à la volonté des États‑Unis de venir au secours de l’Alliance avec leur vaste arsenal nucléaire.

La Pologne, autre État de l’OTAN situé sur la frontière orientale de l’Alliance avec la Russie, pourrait envisager de se doter de moyens de défense nucléaires d’une forme ou d’une autre, a indiqué le président du pays plus tôt dans la semaine.

L’ancien président polonais Andrzej Duda avait laissé entendre en 2024 que le pays était prêt et disposé à accueillir des armes nucléaires tactiques américaines.

Ces armes, parfois qualifiées de "substratégiques" ou de "non stratégiques", sont conçues pour un usage sur le champ de bataille. Elles ont une puissance moindre et seraient employées contre des types de cibles différents de celles visées par les armes nucléaires stratégiques, comme les missiles balistiques intercontinentaux, généralement considérés comme bien plus destructeurs et destinés à frapper des villes en cas de guerre nucléaire.

Des armes nucléaires tactiques américaines sont déjà déployées dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et l’Italie. La Russie a confirmé en 2023 avoir transféré des armes nucléaires tactiques en Biélorussie, son principal allié en Europe.

Les pays de l’OTAN proches de la Russie sont en règle générale plus inquiets de la perspective d’une attaque de Moscou que les membres de l’Alliance situés plus loin du territoire du Kremlin.

"Faire venir une arme nucléaire ici, sur notre territoire – nous n’y sommes pas opposés", a déclaré Tsahkna au diffuseur estonien ETV. "Nous n’avons pas de doctrine dans laquelle nous aurions, d’une manière ou d’une autre, exclu, si l’OTAN le juge nécessaire conformément à nos plans de défense, le déploiement d’une arme nucléaire, par exemple, sur notre territoire."

Les États‑Unis disposent de loin du plus grand nombre d’ogives nucléaires au sein de l’OTAN. À eux deux, la Russie et les États‑Unis contrôlent environ 90 % des armes nucléaires mondiales.

Outre les États‑Unis, le Royaume‑Uni et la France sont les seuls autres pays de l’OTAN à posséder des armes nucléaires, même si leurs arsenaux sont nettement plus réduits.

Les pays européens font de plus en plus référence à des discussions sur la question de savoir si les États européens pourraient être protégés par les armes nucléaires françaises et britanniques.

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