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Une attaque transfrontalière des forces afghanes a été suivie de frappes aériennes pakistanaises. Le Qatar avait négocié un cessez-le-feu en octobre.
Le Pakistan a déclaré être désormais en "guerre ouverte" avec son voisin afghan après des mois de heurts et de tensions croissantes autour des groupes militants.
"Notre patience est désormais à bout. C’est maintenant une guerre ouverte entre nous et vous", a écrit le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Muhammad Asif dans un message publié sur X, initialement en ourdou. "À présent, ce sera l’affrontement total. L’armée pakistanaise n’est pas venue d’au-delà des mers. Nous sommes vos voisins et nous connaissons votre réalité."
Le Qatar avait négocié en octobre un cessez-le-feu entre le Pakistan et les talibans afghans après des affrontements militaires répétés entre les deux parties. Mais une attaque transfrontalière des forces afghanes jeudi a été suivie de frappes aériennes pakistanaises sur Kaboul, Kandahar et Paktia.
Le ministère afghan de la Défense a accusé l’armée pakistanaise d’avoir violé son territoire et son espace aérien lors d’une attaque qui a fait des victimes civiles. Islamabad accuse les talibans d’héberger des militants qui lancent des attaques au Pakistan. Les talibans démentent.
Au cours des derniers affrontements, le ministère afghan de la Défense a indiqué que 55 soldats pakistanais avaient été tués, ainsi que huit soldats afghans, tandis que 11 autres étaient blessés. Le ministère a ajouté avoir détruit 19 postes de l’armée pakistanaise et deux bases au cours de combats qui ont pris fin vers minuit jeudi, selon l’Associated Press.
De son côté, Mosharraf Ali Zaidi, porte-parole du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, a indiqué sur X qu’au moins 133 combattants afghans avaient été tués, plus de 200 blessés, 27 postes afghans détruits et neuf combattants capturés.
Islamabad accuse les talibans afghans d’abriter le Tehreek‑e‑Taliban Pakistan (TTP), un groupe armé qui a mené de meurtrières attaques contre des civils et des forces de sécurité pakistanais, ce que Kaboul dément.
Le TTP a été fondé en 2007 et a attaqué des marchés, des mosquées, des aéroports, des bases militaires et des postes de police. Il a également conquis des territoires, principalement le long de la frontière avec l’Afghanistan, et combattu aux côtés des talibans afghans contre les forces dirigées par les États-Unis.
Le Pakistan affirme que des insurgés armés du TTP, qui revendiquent l’indépendance de la province pakistanaise du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, sont basés en Afghanistan.
La violence djihadiste a augmenté chaque année depuis 2022, avec une multiplication des attaques menées par le TTP et des insurgés baloutches. Kaboul a toutefois nié à plusieurs reprises autoriser des militants à utiliser le territoire afghan pour lancer des attaques au Pakistan.
Cette escalade intervient dans un contexte de dégradation des relations et de heurts frontaliers le long de la ligne Durand, frontière contestée qui sépare les deux pays, et quelques mois après qu’un cessez-le-feu a été négocié par le Qatar et la Turquie entre les deux parties.
Des sources de sécurité pakistanaises affirment que des militants basés en Afghanistan ont mené récemment des attaques et des attentats-suicides visant l’armée et la police pakistanaises, dont l’un a tué 11 membres des forces de sécurité et deux civils, attaque revendiquée par le TTP.
Avec 172 000 hommes, les talibans disposent de moins d’un tiers des effectifs pakistanais, et Islamabad devrait intensifier sa campagne militaire, selon des analystes cités par Reuters. Kaboul pourrait en retour multiplier les raids contre les postes frontaliers et les attaques de guérilla transfrontalières.
Les talibans disposent d’au moins six avions et de 23 hélicoptères, contre plus de 600 000 personnels, plus de 6 000 véhicules blindés de combat et plus de 400 avions de combat pour les forces armées pakistanaises, selon l’International Institute for Strategic Studies. Le Pakistan possède également l’arme nucléaire, avec un arsenal estimé à environ 170 ogives.
Un porte-parole militaire des talibans afghans a déclaré à la BBC que son mouvement riposterait en cas d’attaque, mais ne serait pas à l’origine des affrontements.
Entre-temps, des responsables de l’ONU ont appelé à une désescalade immédiate et l’Iran a proposé de jouer les médiateurs. Dans la région, le ministre saoudien des Affaires étrangères a rencontré son homologue pakistanais pour discuter des moyens de réduire les tensions.
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