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Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé la Chine de prendre pour cible les navires battant pavillon panaméen et "d’intimider" ce pays d’Amérique centrale en représailles à sa décision de reprendre le contrôle de deux ports à une société basée à Hong Kong.
Les ports chinois ont retenu en mars davantage de navires sous pavillon panaméen que de tout autre pays et, même si ces immobilisations ont été de courte durée, Marco Rubio a estimé que le fait de viser ces bâtiments "déstabilise les chaînes d’approvisionnement, renchérit les coûts et érode la confiance dans le système commercial mondial"
"Les États‑Unis se tiennent aux côtés du Panama face à toute mesure de rétorsion portant atteinte à sa souveraineté et soutiendront toujours nos partenaires face à l’intimidation", a écrit Rubio sur X.
Les tensions se sont accentuées après que le président Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que la Chine exerçait un contrôle sur le canal de Panama, une accusation démentie tant par Pékin que par Panama mais reprise par des responsables américains en tant qu’enjeu de sécurité nationale. Trump a publiquement menacé de riposter si le Panama ne réduisait pas l’influence chinoise autour du canal, estimant que cette voie d’eau stratégique — transférée au Panama en 1999 — risquait de tomber sous la coupe de Pékin.
En réponse à la pression soutenue de Washington, le président panaméen a annoncé que le pays ne reconduirait pas sa participation aux Nouvelles routes de la soie de la Chine, une décision que certains ont interprétée comme un geste d’apaisement envers les États‑Unis et un éloignement de Pékin.
Les responsables chinois ont accusé Washington de diffuser de la désinformation et de recourir à des pressions dignes de la guerre froide, tandis que Panama a affirmé que ses décisions — y compris les jugements touchant les activités portuaires du groupe hongkongais CK Hutchison — étaient guidées par l’État de droit, et non par des ingérences étrangères.
Les ports chinois ont retenu 124 navires au cours du mois de mars, dont 92 — soit environ 75 % — battaient pavillon panaméen, a rapporté l’Associated Press en citant des données du Tokyo MOU, une organisation régionale de contrôle par l’État du port dans la zone Asie‑Pacifique. Il s’agit d’une hausse spectaculaire par rapport aux deux mois précédents, qui avaient vu respectivement 19 navires sur 45 et 23 navires sur 71 immatriculés au Panama.
Cependant, la Federal Maritime Commission à Washington a suivi la situation des navires sous pavillon panaméen retenus ou immobilisés dans les ports chinois : ces navires ont en général été bloqués pendant une période allant d’un à dix jours avant d’être relâchés.
La Chine a riposté à Rubio, affirmant que ses "allégations erronées" ne faisaient que "révéler sa volonté de prendre le contrôle du canal", sans pour autant commenter la hausse du nombre de navires panaméens détenus.
Après la décision rendue par la Cour suprême du Panama en janvier, le porte‑parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que la Chine prendrait "toutes les mesures nécessaires pour protéger fermement les droits et intérêts légitimes et légaux des entreprises chinoises".
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : ©Unsplash)
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