The Press Junction.
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12 mai 2026

Le roi Charles III va-t-il rencontrer les victimes d’Epstein?

©PA

Le roi Charles III est appelé à rencontrer des survivantes et survivants des violences de Jeffrey Epstein lors de sa visite d’État, attendue aux États‑Unis en avril, dans une lettre du représentant démocrate de Californie Ro Khanna.

Le palais de Buckingham prépare activement une visite officielle de Charles III en Amérique, notamment à Washington D.C., pour rencontrer le président Donald Trump, à la fin du mois d’avril, même si rien n’a encore été confirmé.

Ro Khanna a adressé une lettre au roi, publiée sur son site internet, dans laquelle il écrit : "En tant qu’auteur de l’Epstein Files Transparency Act, je vous demande respectueusement de rencontrer en privé des survivantes et survivants des violences de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, afin qu’ils puissent vous parler directement de la manière dont des personnalités et des institutions puissantes les ont laissés tomber. Les survivants souhaitent cette rencontre."

Andrew Mountbatten‑Windsor, le frère du roi, déchu de ses titres royaux en 2025 et arrêté plus tôt cette année pour suspicion de manquement à ses devoirs dans l’exercice d’une fonction publique, se trouve au centre d’un regain d’examen critique de ses liens avec Epstein.

Charles a déclaré qu’il était prêt à coopérer à une enquête ouverte par la police de la Thames Valley après l’arrestation de son frère. Mountbatten‑Windsor a toujours nié toute faute en lien avec Epstein.

Parallèlement, Khanna et des membres de la commission de contrôle de la Chambre des représentants ont sollicité le témoignage de Mountbatten‑Windsor à propos d’Epstein, mais n’ont reçu aucune réponse.

Virginia Giuffre a affirmé avoir été agressée sexuellement par Mountbatten‑Windsor à Londres, à New York et dans les îles Vierges américaines en 2001, après avoir été victime de traite sexuelle à l’âge de 17 ans par Epstein. Mountbatten‑Windsor nie ces accusations.

Giuffre a déposé une plainte civile à New York en 2021, qui a été réglée à l’amiable par Mountbatten‑Windsor en 2022, pour un montant non divulgué et sans reconnaissance de responsabilité de sa part. Giuffre est morte par suicide en avril dernier, a annoncé sa famille.

L’enquête de la police de la Thames Valley visant Mountbatten‑Windsor fait suite à des informations selon lesquelles il aurait partagé avec Epstein, en 2010, des documents confidentiels obtenus lorsqu’il était envoyé spécial du Royaume‑Uni pour le commerce.

Les enquêteurs ont arrêté l’ancien prince en février et l’ont remis en liberté sous contrôle, après près de dix heures de garde à vue.

La lettre du représentant démocrate de Californie Khanna indique : "Le réseau d’Epstein entretenait des liens importants avec le Royaume‑Uni via Ghislaine Maxwell, via les relations d’Epstein avec des personnalités publiques britanniques et via les cercles sociaux et politiques dans lesquels il évoluait. Ces connexions soulèvent des questions plus larges sur la manière dont Epstein a pu conserver si longtemps son influence, sa crédibilité et sa protection à travers les frontières.

Par ailleurs, des membres du Congrès ont demandé le témoignage d’Andrew Mountbatten‑Windsor et de Peter Mandelson à propos de leurs liens respectifs avec Jeffrey Epstein. Andrew Mountbatten‑Windsor n’a pas répondu.

Mandelson a longtemps été une figure influente du Parti travailliste britannique. Il a occupé des fonctions ministérielles de premier plan sous les anciens Premiers ministres Tony Blair et Gordon Brown dans les années 1990 et 2000. Il a été nommé ambassadeur du Royaume‑Uni aux États‑Unis en 2025 par le Premier ministre Keir Starmer, mais a été relevé de ses fonctions au bout de peu de temps, lorsque des détails sur ses liens avec Epstein ont été rendus publics.

Mandelson était un ami d’Epstein et a été accusé d’avoir partagé des documents confidentiels avec ce dernier, condamné pour crimes sexuels avant sa mort. La police métropolitaine de Londres a enquêté sur ces accusations. Mandelson nie toute irrégularité.

Le roi Charles III prépare cette visite d’État majeure aux États‑Unis, qui devrait avoir lieu fin avril. Khanna évoque la semaine du 27 avril comme date possible pour un discours du roi devant les deux chambres du Congrès réunies.

La visite marquera le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, mais certains, au Royaume‑Uni, estiment qu’elle devrait être annulée à la suite d’une joute verbale publique entre Trump et Starmer à propos de l’Iran.

En fin de compte, tant que le Premier ministre britannique souhaitera que Charles s’y rende, la visite aura lieu. Pour le palais, ce déplacement constitue un test du rôle du roi Charles en tant que figure de proue diplomatique dans un contexte de fortes tensions politiques.

Bien sûr, tout projet de rencontre avec des victimes d’Epstein risquerait de provoquer un incident diplomatique, Trump ayant déjà déclaré publiquement qu’il considérait le scandale Epstein comme un canular démocrate.

En mars 2025, par exemple, Trump a déclaré dans le Bureau ovale : "C’est un canular des démocrates qui ne s’arrête jamais."

Le palais de Buckingham serait peu enclin à inscrire à l’agenda un événement susceptible de courroucer le chef d’État du pays hôte, quel qu’en soit le demandeur.
 

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