Le Royaume-Uni dit stop aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans : lancement d’un test de 3 mois
©Piotr Cichosz via Unsplash
Une nouvelle phase de régulation du monde numérique est en train de s’ouvrir au Royaume-Uni. Le gouvernement dirigé par Keir Starmer a lancé une expérimentation à l’échelle nationale pour déterminer s’il est réellement nécessaire d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Cette initiative intervient alors que la dépendance aux smartphones et aux plateformes numériques inquiète de plus en plus les familles, les écoles et les institutions. Avant d’adopter une loi définitive, Londres a toutefois choisi une autre voie : écouter les citoyens, les adolescents et les parents, en recueillant avis et suggestions sur la manière de rendre internet plus sûr pour les plus jeunes.
Des tests en conditions réelles sur des centaines d’adolescents
Le projet du gouvernement ne se limite pas à une simple consultation publique. Dans les semaines à venir, un test concret sera lancé, impliquant 150 jeunes âgés de 13 à 15 ans. Les adolescents seront répartis en groupes et soumis à différentes conditions d’utilisation de leur smartphone. Certains devront se conformer à une interdiction totale des réseaux sociaux, d’autres n’auront droit qu’à une heure de connexion par jour, tandis qu’un troisième groupe se verra imposer un couvre-feu numérique nocturne.
Pendant la phase de test, plusieurs aspects du quotidien des participants seront suivis de près : qualité du sommeil, état émotionnel, niveau d’activité physique et capacité de concentration. L’objectif est d’obtenir des données scientifiques solides et concrètes pour identifier les mesures qui fonctionnent réellement et celles qui risquent au contraire d’être inefficaces, voire contre‑productives.
Un modèle inspiré de l’Australie
L’idée de limiter drastiquement l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs n’est pas sortie de nulle part. C’est l’Australie qui a ouvert la voie, en devenant le premier pays au monde à instaurer une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux avant 16 ans. La proposition britannique pourrait viser des plateformes très populaires auprès des jeunes comme Instagram, TikTok, Snapchat et YouTube. En parallèle, l’Union européenne cherche elle aussi à limiter certains mécanismes des plateformes numériques, notamment ceux conçus pour encourager le défilement infini (“scrolling”) et la consommation compulsive de contenus.
Algorithmes, chatbots et vérification de l’âge
Parmi les mesures envisagées au Royaume-Uni, ne figure pas seulement l’interdiction pure et simple. Le gouvernement étudie aussi des interventions moins radicales, mais qui pourraient s’avérer très efficaces. L’une des propositions consisterait à contraindre les plateformes à désactiver des fonctionnalités comme la lecture automatique ou le défilement infini, deux outils qui maintiennent les utilisateurs connectés pendant des heures sans interruption. Parallèlement, il est question de renforcer les systèmes de vérification de l’âge, souvent contournés avec une grande facilité.
Un autre enjeu concerne l’usage des chatbots basés sur l’intelligence artificielle, de plus en plus présents dans le quotidien des ados. Certains experts craignent que les mineurs ne développent une confiance excessive envers ces logiciels conçus pour simuler des conversations humaines.
La consultation se terminera le 26 mai
La consultation publique restera ouverte jusqu’au 26 mai 2026 et servira à recueillir des avis et des données utiles en vue de l’élaboration d’un futur cadre législatif. Pour le gouvernement britannique, l’enjeu est de trouver un équilibre entre la protection des mineurs et les libertés numériques. Si la technologie peut être un outil formidable pour apprendre, créer et communiquer, sa présence constante risque de se transformer en une forme de dépendance invisible. Et c’est précisément de cet équilibre que pourrait naître l’une des réformes numériques les plus importantes de ces dernières années.
Source : GOV.UK
(©GreenMe.it 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : Piotr Cichosz via Unsplash)
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