Les États-Unis révèlent des détails sur un essai nucléaire secret en Chine
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Un haut responsable américain a dévoilé cette semaine de nouveaux détails sur un essai lié au nucléaire, présenté comme clandestin et mené par la Chine, tout en soulignant que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de ne pas reprendre leurs propres essais, au moins dans une certaine mesure, sous peine de se retrouver dans une situation "d’inacceptable désavantage" à l’ère de deux rivaux nucléaires de même rang.
La Chine, comme les États-Unis et la Russie, a signé en 1996 le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qui proscrit toute explosion d’essai d’armes nucléaires, quel qu’en soit le milieu, y compris l’espace.
Bien qu’aucun des trois pays n’ait ratifié le traité, ils respectent depuis des décennies des moratoires volontaires sur les essais explosifs. Avant ses entretiens d’octobre avec son homologue chinois Xi Jinping, Donald Trump avait appelé le Pentagone à reprendre les essais "sur une base d’égalité", invoquant "les programmes d’essais d’autres pays".
La question surgit dans un contexte d’incertitude croissante autour de l’ordre nucléaire mondial, alors que New START, dernier accord de contrôle des armements entre les États-Unis et la Russie, expirait le 5 février 2026.
S’exprimant à l’Hudson Institute, Christopher Yeaw, secrétaire d’État adjoint au contrôle des armements et à la non-prolifération, est revenu en détail sur la déclaration formulée le 6 février par Thomas DiNanno, sous-secrétaire d’État au contrôle des armements et à la sécurité internationale, lors d’une conférence sur le désarmement à Genève, selon laquelle la Chine aurait procédé à un essai nucléaire en 2020.
"Nous avons connaissance d’essais d’explosifs nucléaires produisant un rendement nucléaire en Chine", a déclaré Yeaw. "Nous savons qu’ils ont recours au découplage, qui est en substance une méthode permettant de réduire l’efficacité des appareils sismiques pour détecter de tels essais. Nous suivons cela de très près — c’est évidemment une question très importante."
Un événement sismique de magnitude 2,75, qui aurait eu lieu à proximité du site traditionnel d’essais nucléaires chinois de Lop Nor, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, a été détecté le 22 juin 2020 à 9 h 18, heure locale, a indiqué Yeaw. Le signal a été enregistré par une station sismique clé du Système de surveillance international (SSI) à Makanchi, au Kazakhstan, intégrée au réseau mondial mis en place pour détecter les explosions nucléaires.
"À l’examen des données — et j’ai depuis consulté des données supplémentaires — il y a très peu de chances, à mon avis, qu’il s’agisse d’autre chose qu’une explosion, une explosion isolée", a poursuivi Yeaw. "Cela ne correspond pas aux explosions en salves que l’on observe dans l’exploitation minière. Cela ne correspond absolument pas non plus à un séisme. C’est tout à fait conforme à ce à quoi on s’attendrait pour un essai explosif nucléaire d’un certain rendement — un essai supercritique, et non sous-critique comme ceux que mènent actuellement les États-Unis."
Revenant sur les propos de Trump concernant une éventuelle reprise des essais américains, Yeaw a déclaré : "S’agissant de cette “base d’égalité” — ce que je peux dire, c’est qu’au minimum, nous savons qu’ils préparaient des essais avec des rendements déterminés de l’ordre de plusieurs centaines de tonnes. C’est une base. Et ce que le président décidera d’en faire lui appartient."
"Si les adversaires des États-Unis étaient en mesure de réaliser des essais avec un rendement que nous ne pourrions pas détecter, alors que nous maintenons une stricte politique de "zéro, c’est zéro", les États-Unis se retrouveraient dans une situation d’inacceptable désavantage", a ajouté Yeaw, reprenant les termes de Linton Brooks, ancien directeur de la National Nuclear Security Administration.
Pékin a à plusieurs reprises repoussé les appels à se joindre aux négociations sur un nouveau traité de contrôle des armements, arguant que les États-Unis et la Russie, qui disposent des deux plus grands arsenaux, portent la principale responsabilité de montrer l’exemple.
De son côté, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré aux journalistes : "Ni la Fédération de Russie ni la Chine n’ont mené le moindre essai nucléaire. Nous savons également que ces allégations ont été fermement rejetées par les représentants de la République populaire de Chine, et c’est là la situation".
L’arsenal nucléaire chinois a dépassé les 600 ogives et devrait passer la barre des 1 000 d’ici 2030, selon les estimations du Pentagone. On ignore toujours à quelles conditions le pays accepterait d’entrer dans des négociations multilatérales sur le contrôle des armes nucléaires.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : ©Unsplash)
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