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Le chef du gouvernement espagnol estime que la Chine est particulièrement bien placée pour mettre fin à la guerre en Iran, au risque de tendre davantage ses relations avec les États-Unis et ses alliés de l’OTAN.
Le Premier ministre espagnol a appelé mardi la Chine à jouer un rôle de premier plan pour mettre fin à la guerre en Iran, affirmant que Pékin est particulièrement bien placé pour contribuer à clore les conflits qui déstabilisent le Moyen-Orient et au‑delà.
Les déclarations de Pedro Sánchez interviennent alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur dans le conflit, déclenché après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran le 28 février. La guerre s’est depuis étendue à l’ensemble de la région, faisant des milliers de morts ces dernières semaines. La Chine pourrait jouer un rôle clé pour mettre un terme au conflit. Y mettre fin serait un "accomplissement significatif p"our Pékin, a déclaré mardi à Newsweek Osamah Khalil, directeur du programme de licence en relations internationales à l’Université de Syracuse.
Les États-Unis et l’Iran ont convenu début avril d’un cessez-le-feu de deux semaines à la suite de menaces du président Donald Trump, qui a averti qu’une "civilisation tout entière mourra" si aucun accord n’est trouvé. La guerre est devenue un point de friction entre Washington et ses alliés de l’OTAN. Trump a déclaré que la réaction de l’Alliance à la guerre en Iran l’avait "déçu". De nombreux pays membres de l’OTAN ont fait savoir aux États-Unis qu’ils n’étaient pas intéressés à rejoindre le conflit. Trump a répété à plusieurs reprises que l’OTAN ne prend pas une part suffisante dans l’alliance militaire, ce que contestent vigoureusement des pays qui ont perdu des soldats aux côtés des forces américaines.
En visite à Pékin, Sánchez a affirmé que la Chine était la seule puissance mondiale qu’il envisage de voir contribuer à la désescalade des combats en Iran et dans d’autres foyers de tension, notamment en Ukraine.
"J’ai beaucoup de mal à identifier d’autres interlocuteurs, en dehors de la Chine, capables de résoudre cette situation en Iran et dans le détroit d’Ormuz", a déclaré Sánchez, appelant Pékin à intensifier ses efforts diplomatiques.
Ses propos ont été tenus lors d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, qui a appelé à préserver le multilatéralisme et mis en garde contre ce qu’il a décrit comme une dérive mondiale vers la "loi de la jungle".
Xi a déclaré que la Chine et l’Espagne devaient renforcer leur communication et leur coopération pour faire face aux tensions géopolitiques, tandis que Sánchez a estimé que les deux pays pouvaient contribuer à apaiser les différends commerciaux et à relever des défis communs en matière d’environnement, de société et de sécurité.
Sánchez, dont le pays est membre de l’OTAN, compte parmi les critiques les plus virulents en Europe des opérations militaires américaines et israéliennes au Moyen-Orient. Son gouvernement a récemment interdit l’utilisation de l’espace aérien espagnol aux vols militaires américains liés à la guerre en Iran et a limité l’usage des bases conjointes américano-espagnoles pour les opérations associées.
Cette visite intervient alors que les relations entre Madrid et Washington sont tendues en raison de l’opposition de Sánchez à la guerre. L’Espagne cherche à approfondir ses liens politiques et commerciaux avec la Chine, que Sánchez a décrite comme un interlocuteur diplomatique clé dans un paysage mondial fragmenté.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : Picture Alliance - Johannes Neudecker)
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