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Les menaces du président Donald Trump n’ont, jusqu’à présent, pas réussi à contraindre l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale pour le trafic international.
L’Iran a promis de riposter avec une force "dévastatrice" si les États-Unis et Israël frappent des infrastructures civiles, peu après que le président Donald Trump a averti de nouvelles attaques contre le pays si Téhéran ne respecte pas son ultimatum visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, passage maritime vital.
"Si les attaques contre des cibles civiles se répètent, les prochaines phases de nos opérations de représailles auront un impact bien plus dévastateur et étendu", a déclaré un porte-parole de l’armée iranienne dans un communiqué diffusé dimanche soir par l’IRIB, la télévision d’État.
Trump, dans un message truffé de grossièretés publié sur les réseaux sociaux, avait affirmé que les troupes américaines pourraient viser des ponts et des centrales électriques en Iran si les dirigeants de Téhéran ne laissaient pas les navires traverser sans encombre le détroit d’Ormuz, que l’Iran bloque de fait depuis plus d’un mois alors que les prix mondiaux de l’énergie s’envolent et que les inquiétudes sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz s’aggravent.
Sa déclaration a immédiatement suscité de vives critiques à Washington, notamment de la part du chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui a accusé le président de "menacer de possibles crimes de guerre et d’aliéner nos alliés".
Les attaques délibérées contre des civils et des infrastructures non militaires sont en principe interdites par plusieurs accords internationaux destinés à limiter les horreurs de la guerre, comme les Conventions de Genève et la Charte des Nations unies.
Des experts en droit international ont exprimé de nouvelles inquiétudes concernant une action militaire américaine en Iran après que Trump a publié des images d’une frappe menée le 2 avril contre un pont près de Téhéran.
Malgré ses promesses de faire pleuvoir "l’enfer" sur l’Iran au sujet du détroit d’Ormuz, Trump a déclaré sur Fox News qu’un accord avec Téhéran restait possible avant l’échéance qu’il a lui-même fixée.
Le Pakistan, qui s’est imposé comme un intermédiaire clé dans les efforts visant à mettre fin au conflit, a envoyé dans la nuit une proposition aux États-Unis et à l’Iran qui pourrait instaurer un cessez-le-feu immédiat, a rapporté lundi l’agence Reuters, citant une source anonyme au fait du plan. L’accord permettrait également la réouverture du détroit d’Ormuz.
Des représentants égyptiens, pakistanais et turcs ont soumis un projet de document appelant à un cessez-le-feu de 45 jours, qui permettrait aux navires de regagner en sécurité cette voie maritime, a indiqué l’Associated Press, citant deux responsables du Moyen-Orient.
Les navires considérés par l’Iran comme alliés des États-Unis ou d’Israël n’ont pas été autorisés à franchir le détroit d’Ormuz, même si certains bateaux ont réussi à s’y faufiler. Le passage a vu son trafic maritime chuter de 90 % depuis que l’Iran a annoncé, il y a plus d’un mois, qu’il viserait les navires transitant par le détroit.
Les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran entrent désormais dans leur sixième semaine, des sites à travers le pays étant pilonnés par les bombardements conjoints, tandis que Téhéran continue de cibler Israël et les alliés du Golfe de Washington par des frappes de drones et de missiles. Le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont fait état de nouvelles attaques nocturnes.
Les médias iraniens ont rapporté que les frappes de lundi avaient visé l’Université de technologie Sharif à Téhéran, tandis que le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a indiqué que les attaques menées à l’aube avaient tué le chef du renseignement du puissant Corps des gardiens de la révolution islamique, Majid Khademi.
Les médias d’État iraniens ont également confirmé la mort de Khademi.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : Picture Alliance - newscom - Islamic Republic News)
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