The Press Junction.
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12 mai 2026

L’Iran maintient la fermeture du détroit d’Ormuz malgré le cessez-le-feu

©Unsplash

L’Iran a réussi à transformer en arme l’une des voies navigables les plus cruciales du monde à l’approche de pourparlers décisifs avec les États-Unis.

De nouvelles images satellites prises au‑dessus du détroit d’Ormuz montrent que les navires continuent d’emprunter un couloir de transit géré par l’armée iranienne, et ce malgré un cessez-le-feu dans la guerre au Moyen-Orient.

Le cliché, pris jeudi 9 avril illustre la manière dont l’Iran a réussi à tenir les États-Unis en otage à l’approche de pourparlers de paix cruciaux, en militarisant l’une des routes commerciales les plus importantes au monde pour l’acheminement de l’énergie.

"L’Iran fait un très mauvais travail, déshonorant diraient certains, pour laisser passer le pétrole dans le détroit d’Ormuz", a lancé le président Donald Trump jeudi. "Ce n’est pas l’accord que nous avons !", a‑t‑il écrit sur Truth Social.

Le contrôle exercé par l’Iran sur cette voie maritime, par laquelle transite au moins un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, devrait constituer un atout majeur alors que ses négociateurs cherchent à obtenir des concessions maximalistes de la part de leurs interlocuteurs américains, lors de pourparlers prévus ce week‑end au Pakistan.

L’Iran, les États-Unis et Israël n’ont pas échangé de coups depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de deux semaines tard dans la nuit de mardi, même si Israël a bombardé le Liban.

Mais la réouverture en toute sécurité du détroit — la principale exigence de Trump en échange d’une pause dans "la force destructrice" en route vers l’Iran ce soir‑là — n’a pas eu lieu.

Des experts du transport maritime indiquent que le filet de navires commerciaux traversant le détroit s’est densifié, mais très légèrement. Et ceux qui ont effectué la traversée l’ont fait avec l’aval explicite de l’Iran. Point essentiel : il s’agit pour l’essentiel de vraquiers transportant des marchandises sèches, et non des pétroliers qui acheminent pétrole et gaz.

Jeudi, les dirigeants iraniens ont apporté une nouvelle démonstration des raisons pour lesquelles les armateurs restent prudents malgré l’optimisme affiché par les Américains. Dans un message relayé par les médias d’État, l’armée iranienne a publié une nouvelle carte du détroit comportant une "zone dangereuse", qu’elle a présentée comme "interdite à tout trafic".

Cette zone interdite, qui recouvre les voies maritimes traditionnelles en eaux profondes au nord des côtes omanaises, pourrait contenir des mines navales, ont indiqué les forces iraniennes, lançant une menace à peine voilée qui oblige les navires à emprunter le "péage" de Téhéran autour de l’île de Larak, dans les eaux territoriales iraniennes.

L’Iran affirme que le détroit est ouvert à tous ceux qui se conforment à son nouveau régime de transit, lequel pourrait inclure le versement de plusieurs millions de dollars en échange d’un passage sécurisé vers et depuis le golfe.

"L’Iran prend plusieurs mesures pour exercer un contrôle sur le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz, avec pour effet net de maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé", a indiqué vendredi l’Institute for the Study of War, un think tank basé à Washington, dans une note d’analyse.

"L’Iran cherche probablement à utiliser la flambée des prix du pétrole pour exercer une pression économique sur les États-Unis et obtenir des concessions de la part de Washington durant les négociations", ajoute l’ISW.

L’agence de presse russe Tass, citant une source iranienne de haut rang non identifiée, a rapporté jeudi que l’Iran entend laisser passer au maximum 15 navires par jour dans le détroit, un scénario qui accentuerait encore la pression sur les compagnies maritimes dont les navires sont coincés dans le golfe.


 

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