The Press Junction.
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12 mai 2026

Nouvelle menace de déstabilisation du commerce mondial de l'Iran en mer Rouge

©Unsplash

La menace est intervenue alors que les États‑Unis maintiennent leur blocus du détroit d’Ormuz, affectant les ports iraniens.

Des responsables iraniens ont averti mercredi qu’ils bloqueraient totalement les exportations et importations dans toute la région du golfe Persique si les États‑Unis ne levaient pas leur blocus du détroit d’Ormuz.

Les médias d’État du pays ont indiqué que le commandant de l’état‑major interarmées iranien avait lancé cette menace, qui s’étend à la mer d’Oman et à la mer Rouge.

"L’Iran agira avec fermeté pour défendre sa souveraineté nationale et ses intérêts", a déclaré Ali Abdollahi, cité par l’Associated Press.

L’Iran avait de facto fermé le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle, lorsque les États‑Unis et Israël ont lancé leurs frappes fin février. Après une brève réouverture consécutive à un accord de cessez‑le‑feu, le détroit a de nouveau été fermé, avant que les États‑Unis n’imposent ensuite un blocus aux navires tentant d’entrer dans les ports iraniens ou d’en sortir à partir de lundi.

Dans une déclaration diffusée par la télévision d’État iranienne, Abdollahi a indiqué que l’Iran chercherait à perturber les routes maritimes en mer Rouge et ailleurs si les États‑Unis poursuivaient leur blocus, lancé par le président Donald Trump.

"Les puissantes forces armées de la République islamique n’autoriseront la poursuite d’aucune exportation ni importation dans le golfe Persique, la mer d’Oman et la mer Rouge", a déclaré le commandant du quartier général central Khatam al‑Anbiya.

Le blocus américain a créé de l’insécurité pour les navires commerciaux et les pétroliers iraniens, a encore déclaré Abdollahi, accusant Washington d’utiliser cette tactique pour bafouer le cessez‑le‑feu en cours.

La situation dans le détroit d’Ormuz reste complexe. Lorsqu’un cessez‑le‑feu a été conclu, l’Iran avait accepté de rouvrir cette voie maritime cruciale pour une part importante de l’approvisionnement mondial en pétrole. Quand Israël a poursuivi ses frappes au Liban, Téhéran l’a de nouveau fermée.

Trump avait menacé d’imposer le blocus après l’échec, ce week‑end, des discussions visant à consolider un cessez‑le‑feu déjà fragile. L’Iran avait auparavant interrompu quasiment tout le trafic de pétroliers dans le détroit, n’autorisant le passage que de certains navires considérés comme amis, moyennant des droits de passage élevés.

Le trafic de navires à travers le détroit d’Ormuz représente désormais moins de 10 % de sa moyenne d’avant la guerre avec l’Iran, qui s’élevait à environ 138 transits par jour. Le blocus américain — et la perspective de représailles iraniennes — ajoute une nouvelle dose d’incertitude pour les compagnies maritimes et leurs assureurs, malgré les appels de Washington à un retour à la normale.

Assurer l’application du blocus devrait nécessiter des moyens considérables de la part de l’US Navy et pourrait susciter des interrogations sur le recours à la force militaire et le droit international, estiment des experts. Les spécialistes des chaînes d’approvisionnement, de leur côté, avertissent que ces restrictions risquent de perturber l’acheminement du pétrole, des engrais, des denrées alimentaires et d’autres biens vers des consommateurs déjà confrontés à la hausse des prix.

Un responsable américain a indiqué mercredi à l’Associated Press que les États‑Unis n’avaient pas officiellement accepté de prolonger le cessez‑le‑feu avec l’Iran et que les discussions se poursuivaient. L’Iran, de son côté, affirme qu’il doit pouvoir continuer à enrichir de l’uranium dans le cadre de tout futur accord.
 

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