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La 98e cérémonie des Oscars s’est tenue le 15 mars, célébrant les meilleurs films et performances de 2025. Elle a, à plusieurs reprises, pris une tournure politique.
"One Battle After Another" a remporté l’Oscar du meilleur film, tandis que Michael B. Jordan a reçu celui du meilleur acteur pour son rôle dans "Sinners" et Jessie Buckley celui de la meilleure actrice pour "Hamnet". Mais au‑delà des récompenses et de l’ambiance hollywoodienne, la soirée a pris, à plusieurs reprises, un virage très politique.
Newsweek a recensé pour vous les principaux moments politiques de la cérémonie.
Les blagues politiques de Conan O’Brien
Conan O’Brien, animateur tv, scénariste et humoriste américain, a prévenu d’emblée : “Je dois vous avertir, ce soir les choses pourraient devenir politiques”, au début de son discours d’ouverture.
Il a fait une allusion à peine voilée aux dossiers Epstein en soulignant que, pour la première fois depuis 2012, aucun acteur ou actrice britannique n’avait été nommé dans les catégories "meilleur acteur" ou "meilleure actrice". Il a plaisanté en lançant qu’“un porte-parole britannique avait déclaré : ‘Oui, eh bien, au moins nous, nous arrêtons nos pé.dophiles’” — une référence au fait qu’Andrew Mountbatten-Windsor, autrefois connu sous le nom de prince Andrew, avait été arrêté (puis relâché) en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein.
L’arrestation d’Andrew Mountbatten‑Windsor, en février, a suivi la publication de documents liés à l’affaire Epstein, lesquels semblaient indiqués qu’il transmettait des informations sensibles à Jeffrey Epstein. M. Mountbatten‑Windsor a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible et affirme regretter sa relation avec Epstein.
“Non à la guerre, et liberté pour la Palestine”
En remettant l’Oscar du meilleur film international, l’acteur Javier Bardem a déclaré : “Non à la guerre, et liberté pour la Palestine.” Il portait également un pin’s sur lequel on pouvait lire : “No a la guerra”, soit “non à la guerre” en espagnol.
Jimmy Kimmel étrille CBS et Melania Trump
Jimmy Kimmel, célèbre animateur américain, a présenté les catégories documentaires. “On entend beaucoup parler de courage dans des soirées comme celle‑ci, mais raconter une histoire qui peut vous coûter la vie, c’est cela le vrai courage”, a‑t‑il déclaré. “Comme vous le savez, il existe des pays dont les dirigeants ne soutiennent pas la liberté d’expression. Je ne suis pas autorisé à dire lesquels. Disons simplement la Corée du Nord et CBS”, a‑t‑il ajouté, semblant faire allusion à une interview du démocrate texan James Talarico, tournée mais jamais diffusée sur une chaîne de CBS.
Il a aussi décoché une flèche en direction du documentaire de Melania Trump, "Melania".
“Heureusement pour nous tous, il existe une communauté internationale de cinéastes déterminés à dire la vérité, prenant souvent de grands risques, pour réaliser des films qui nous instruisent, qui dénoncent l’injustice, qui nous poussent à agir. Et puis il y a aussi ces documentaires où l’on déambule dans la Maison‑Blanche en essayant des chaussures”, a‑t‑il ironisé.
Puis, en remettant l’Oscar du meilleur film documentaire, il a lancé : “Oh là là, il va être furieux que sa femme n’ait pas été nommée dans cette catégorie.”
Une référence à James Baldwin
En recevant l’Oscar du meilleur film international, le réalisateur norvégien Joachim Trier a cité l’écrivain James Baldwin. “Je voudrais conclure en paraphrasant le merveilleux écrivain américain James Baldwin, qui nous rappelle que tous les adultes sont responsables de tous les enfants. Ne votons pas pour des responsables politiques qui ne prennent pas cela très au sérieux”, a‑t‑il déclaré.
Il a expliqué aux journalistes, en coulisses, qu’il avait cité Baldwin — connu pour sa dénonciation du racisme et de l’injustice — parce que “le monde traverse un moment où nous recevons plus d’informations que jamais sur les atrocités commises à l’encontre des enfants, dans plusieurs guerres en cours”. Et d’ajouter : “Mes proches et moi‑même, comme beaucoup de gens autour de nous, avons parfois pleuré quotidiennement, paralysés, impuissants face à la souffrance des enfants palestiniens, des enfants ukrainiens, des enfants soudanais, sans qu’il semble y avoir, pour l’instant, la moindre responsabilité clairement assumée”. “Je ne suis pas un homme politique, mais je suis convaincu qu’il faut, comme on dit aux États‑Unis, ‘tendre la main à l’autre camp’ pour collaborer davantage sur la manière dont nous protégeons les enfants dans les zones de conflit, mais aussi la société en général.” a-t-il conclu.
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