Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a plus que doublé son score lors d’une élection régionale dans l’ouest du pays, confirmant sa popularité au niveau national au-delà de ses bastions de l’Est.
L’Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz, au pouvoir, a remporté le scrutin dans l'État (Land occidental) de Rhénanie-Palatinat avec 30 % des suffrages, délogeant le Parti social-démocrate (SPD, centre gauche), qui a obtenu 26 % des voix.
Le candidat de la CDU, Gordon Schnieder, qui avait fait campagne aux côtés de M. Merz, a revendiqué la victoire et promis de revoir en profondeur les politiques d’éducation, de sécurité, de santé et d’économie de la région.
Ces résultats constituent un revers pour les sociaux-démocrates, qui dirigeaient jusqu’ici ce Land depuis 35 ans.
Un niveau de soutien élevé
L’AfD arrive en troisième position avec 19,5 % des voix, soit plus du double de son score au précédent scrutin régional, il y a cinq ans, où elle avait recueilli 8,3 %.
Le parti d’extrême droite confirme ainsi le soutien massif dont il bénéficie dans les sondages nationaux, se disputant souvent la première place avec le parti conservateur de Friedrich Merz.
Ce nouveau score élevé intervient après la troisième place de l'AfD lors des élections régionales dans le Bade-Wurtemberg au début du mois de mars, confirmant sa progression dans la partie occidentale du pays.
Le scrutin en Rhénanie-Palatinat était la deuxième des cinq élections régionales de l’année. Il est considéré comme un test décisif de l'opinion publique nationale, au moment où l’AfD cherche à dépasser les conservateurs de M. Merz dans les sondages.
Le bond de plus de 11 points de l’AfD est d’autant plus significatif que les trois partis de la coalition gouvernementale (SPD, Verts et FDP) essuient des pertes, tandis que la CDU et Die Linke n’enregistrent que des gains marginaux.
L'une de ses dirigeantes nationales, Alice Weidel, a déclaré que le parti avait "réalisé des résultats historiques". "Les électeurs apprécient le travail que nous avons accompli en tant que parti d’opposition", a-t-elle affirmé, citée par Politico. "Nous poursuivrons sur cette voie afin de pouvoir entrer au gouvernement lors du prochain scrutin."
Le parti devra toutefois percer le "cordon sanitaire" qui, jusqu’ici, empêche l’extrême droite de gouverner au sein d'une coalition avec les partis traditionnels, tant au niveau régional que national.
Sa progression interviennent dans un contexte d’inquiétudes économiques en lien avec le recul de l’industrie manufacturière et avec les répercussions de la guerre en Iran.
Dans deux États (Länder) de l’ex-Allemagne de l’Est, l’AfD est à ce point en tête dans les sondages que ses dirigeants espèrent obtenir la majorité absolue dans au moins l’un des scrutins de septembre. Ce qui lui donnerait, pour la première fois depuis sa création il y a treize ans, un réel pouvoir au gouvernement.
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : Maheshkumar Painam via Unsplash)
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