The Press Junction.
The Press Junction.
12 mai 2026

Trump met en garde les pays qui aident l’Iran

©PA

Cet avertissement intervient au lendemain de l’annonce par Trump, mardi en fin de journée, d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran.

Le président Donald Trump a averti mercredi que tout pays fournissant des armes à l’Iran s’exposerait immédiatement à un tarif douanier de 50 pour cent sur l’ensemble de ses biens vendus aux États-Unis, lançant cette menace dans un message matinal publié sur sa plateforme Truth Social.

Dans ce message, Trump a indiqué que ce tarif généralisé entrerait en vigueur "immédiatement" et ne comporterait "aucune exclusion ni exemption". Cet avertissement intervient alors que le président a annoncé que les États-Unis et l’Iran avaient convenu d’un cessez-le-feu de deux semaines, à condition que Téhéran laisse passer les navires par le stratégique détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle au commerce mondial qui avait été perturbée par le conflit.

Trump n’a pas précisé quels pays pourraient être visés par cette nouvelle menace, ni sur quelle base juridique son administration s’appuierait pour imposer de nouveaux droits de douane à ces nations.

La Cour suprême des États-Unis a annulé en février la majeure partie des tarifs mondiaux de Trump, estimant qu’il ne pouvait pas les imposer en invoquant des pouvoirs d’urgence sans consulter le Congrès. Depuis, toutefois, l’administration s’est appuyée sur d’autres fondements législatifs pour imposer temporairement des droits de douane plus faibles le temps de déterminer comment mettre pleinement en œuvre le programme commercial du président.

Les déclarations de Trump interviennent peu après l’accord trouvé entre les États-Unis et l’Iran sur les modalités d’un cessez-le-feu temporaire, à l’issue de cinq semaines d’hostilités qui ont secoué les marchés et fait flamber les cours mondiaux du pétrole.

Mardi, le président a annoncé une suspension de deux semaines des attaques contre le pays en échange de "L’OUVERTURE COMPLÈTE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz". L’accord conditionnel de l’Iran est intervenu quelques minutes avant l’échéance fixée par Trump à 20 heures, après laquelle il avait prévenu que les États-Unis lanceraient une campagne offensive d’attaques contre les infrastructures énergétiques et de transport du pays.

L’Iran a indiqué que les navires seraient autorisés à transiter par le détroit d’Ormuz pendant ces deux semaines de trêve, à condition que ces passages soient coordonnés avec son armée et effectués "en tenant dûment compte des contraintes techniques".

Le vice-président JD Vance a qualifié ce cessez-le-feu de "fragile", tandis que des comptes sur les réseaux sociaux liés au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien ont affirmé que les frappes continues d’Israël contre des cibles au Liban constituaient une violation de l’une des conditions de son plan de paix en dix points.

Parmi les autres conditions de cette proposition en dix points — que Trump a qualifiée de "base de travail viable pour engager des négociations" — figurait la "levée de toutes les sanctions primaires et secondaires" frappant le pays.

Avant de menacer mercredi d’imposer des tarifs douaniers aux pays armant l’Iran, Trump avait déclaré que les États-Unis travailleraient "étroitement" avec ce pays après l’annonce du cessez-le-feu. Il a affirmé "qu’il n’y aura pas d’enrichissement d’uranium", que l’Iran "déterrerait et retirerait" l’ensemble de ses matières nucléaires, et que le pays avait déjà donné son accord sur nombre des 15 points du plan de paix américain.

"Nous sommes en train, et nous continuerons, de discuter tarif douanier et levée de sanctions avec l’Iran", poursuivait son message sur Truth Social.

Destinés à réduire la capacité de l’Iran à développer une arme nucléaire et à limiter son influence régionale et militaire, les États-Unis appliquent actuellement contre ce pays l’un des régimes de sanctions les plus complets au monde. Celui-ci comprend un quasi-embargo commercial total, des sanctions visant les acheteurs et transporteurs de pétrole iranien, ainsi que des mesures ciblant divers responsables et entreprises du pays.

Aucun tarif douanier n’est appliqué directement à l’Iran, compte tenu de l’absence quasi totale d’échanges commerciaux entre les deux pays. En février toutefois, Trump a signé un décret imposant des droits de douane supplémentaires aux pays qui "achètent, importent ou acquièrent directement ou indirectement des biens ou services en provenance d’Iran".

L’Iran est en grande partie autosuffisant en matière d’armement, produisant la majorité de ses missiles, drones, roquettes et armes conventionnelles sur son propre territoire, selon des think tanks spécialisés dans les conflits. Le pays s’est néanmoins reposé ces dernières années sur des importations en provenance de Chine et de Russie, notamment via la fourniture de technologies à double usage — utilisables à la fois à des fins civiles et militaires.

Les deux pays ont salué le cessez-le-feu et affirmé qu’il ouvrait la voie à de nouvelles négociations. De nombreux experts mettent toutefois en doute la solidité de cette trêve et la capacité ou la volonté de chaque camp de satisfaire aux conditions posées par l’autre pour parvenir à une paix durable.

 

Partager: