©moises ferreira via Unsplash
Le Conseil de sécurité nationale des Philippines a déclaré avoir démantelé un réseau qui fournissait des renseignements à la Chine.
Un espion présumé aurait vraisemblablement fourni à la Chine les renseignements nécessaires pour anticiper et entraver les efforts des Philippines visant à ravitailler un avant-poste militaire sur l’atoll de Second Thomas, en mer de Chine méridionale, a affirmé le porte-parole des garde-côtes philippins, Jay Tarriela, le 6 mars dernier.
L’atoll de Second Thomas, dans les îles Spratleys, connu sous le nom de banc d’Ayungin aux Philippines et de récif de Ren’ai en Chine, est inhabité, à l’exception de l’épave rouillée du BRP Sierra Madre, un navire de guerre de la Seconde Guerre mondiale volontairement échoué sur le haut-fond en 1999 afin d’affirmer les revendications territoriales du pays.
La Chine revendique la majeure partie de la mer de Chine méridionale comme son territoire, y compris le récif de Scarborough. Entre 2023 et la mi-2024, les forces maritimes chinoises ont, à plusieurs reprises, intercepté des missions de ravitaillement philippines, menant à des affrontements parfois spectaculaires qui ont fait plusieurs blessés côté philippin et fait craindre qu’une erreur de calcul ne déclenche l’application du traité de défense mutuelle liant les Philippines aux États-Unis.
“Les informations qui ont fuité concernent les opérations de ravitaillement [du Sierra Madre]”, a déclaré M. Tarriela lors d’un entretien avec le Philippine Star.
“L’informateur présumé, qui aurait des liens avec un membre des garde-côtes philippins, aurait probablement profité d’une faille dans la tenue des registres pour accéder à des informations opérationnelles sensibles et les transmettre à la Chine”, a-t-il ajouté, sans identifier l’une ou l’autre personne.
Ces déclarations interviennent deux jours seulement après que des révélations, publiées d’abord par Rappler, ont indiqué que le Conseil de sécurité nationale des Philippines avait mis au jour un réseau impliquant des ressortissants chinois. Ces derniers recrutaient des Philippins travaillant dans des agences de défense ou de sécurité pour des “missions de conseil” visant, par la suite, à obtenir des informations classifiées.
“Le simple fait qu’un compatriote philippin ait été tenté de fournir ce type d’informations au détriment de nos opérations légitimes en mer de Chine méridionale — selon moi, cela signifie que d’importantes sommes d’argent ont été versées”, a déclaré le porte-parole au Star.
Réaction des protagonistes
Cornelio Valencia Jr., porte-parole du Conseil de sécurité nationale des Philippines, a déclaré dans un communiqué : “Pour des raisons de sécurité nationale, nous ne pouvons divulguer ni les identités, ni les méthodes, ni le calendrier des événements afin de ne pas compromettre les opérations en cours. Néanmoins, les mesures nécessaires ont été prises à l’encontre des personnes concernées — toutes de nationalité philippine —, qui ont toutes reconnu leur participation à des activités d’espionnage et coopèrent avec les autorités.”
De son côté, Ji Lingpeng, porte-parole de l’ambassade de Chine à Manille, a indiqué dans un communiqué : “Nous nous opposons fermement et déplorons vivement les remarques irresponsables de certaines agences philippines qui colportent de prétendues histoires d’‘espions chinois’. La Chine respecte le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays. De telles accusations sont des calomnies malveillantes à l’encontre de la Chine et une nouvelle tentative d’alimenter la soi-disant rhétorique de la ‘menace chinoise’.”
L’ampleur et l’étendue de l’opération présumée n’ont pas été rendues publiques.
Les tensions devraient rester vives entre Pékin et Manille en raison de la présence croissante des garde-côtes et de la marine chinoises au sein de la zone économique exclusive des Philippines. Les affrontements ont néanmoins diminué depuis juillet 2024, après un accord entre les deux pays concernant les missions de ravitaillement vers l’atoll Second Thomas.
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : moises ferreira via Unsplash)
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