The Press Junction.
The Press Junction.
12 mai 2026

Une analyse alarmante de l'eau minérale en France

©Unsplash

Et la cause ce sont les PFAS, des composés chimiques utilisés depuis des décennies dans des centaines d’applications industrielles et domestiques, des emballages alimentaires aux textiles imperméables, et qui se sont accumulés au fil du temps dans l’eau, le sol et l’air.

Le magazine de consommateurs Que Choisir, qui avait déjà relevé en février 2025 des concentrations inquiétantes de PFAS dans l'eau du robinet de 30 communes françaises, s'est désormais intéressé aux eaux minérales et de source en bouteille, soumettant 32 échantillons à des analyses en laboratoire. Les résultats confirment une tendance assez dramatique : il n'existe plus aucune source d'eau qui puisse être considérée comme totalement à l'abri des polluants éternels.

La surveillance s'est concentrée sur les 20 PFAS indiqués par une directive européenne, qui fixe une limite globale de 100 nanogrammes par litre (ng/l) pour l'eau potable. Pour les eaux minérales naturelles, la France applique une valeur encore plus restrictive : 30 ng/l.

La bonne nouvelle est que, sur les 20 PFAS surveillés, seuls quelques-uns ont été détectés, et uniquement dans trois eaux minérales et une eau de source, souvent en quantités modestes. La seule exception significative concerne l'eau minérale naturelle Carrefour additionnée de dioxyde de carbone, provenant de la source de Perle en Ardèche : l'échantillon contenait 8 des 20 PFAS surveillés, pour une concentration totale de 21,7 ng/l, proche du seuil français de 30 ng/l.

Le problème le plus grave, cependant, est la présence de quatre polluants particulièrement dangereux : le PFOA, le PFOS, le PFNA et le PFHxS. Leur concentration combinée dans l'échantillon Carrefour a atteint 13,7 ng/l, dépassant largement la limite de 2 ng/l adoptée par des pays comme le Danemark pour ces composés spécifiques. Ce n'est pas un hasard si le distributeur a annoncé la suspension de la vente du produit.

Le résultat le plus inquiétant de l'enquête concerne toutefois une autre substance : l'acide trifluoroacétique, ou TFA, un PFAS pour lequel il n'existe pas encore de limite maximale définie au niveau européen. Rejeté dans l'environnement par les réfrigérants et les pesticides, il est très persistant et soupçonné d'être toxique pour le foie et la reproduction.

Dans les eaux en bouteille analysées, le TFA s'est révélé être de loin le PFAS le plus répandu : il a été détecté dans 21 échantillons sur 32, et dans 17 cas à plus de 100 ng/l. La valeur maximale – 650 ng/l – a été mesurée dans l'eau minérale naturelle Thonon, de Haute-Savoie. Viennent ensuite Vittel (440 ng/l), l'eau minérale des Pyrénées (410 ng/l), Saint Antonin (370 ng/l) et Contrex (350 ng/l).

Ces chiffres restent inférieurs au seuil provisoire de 2 200 ng/l adopté par les Pays-Bas, le pays actuellement le plus protecteur en matière de TFA, mais ils sont appelés à augmenter avec le temps si aucune mesure n'est prise, compte tenu de la persistance de la substance dans l'environnement.

Partager: