The Press Junction.
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12 mai 2026

"Faites demi‑tour ou préparez‑vous à être arraisonné"

©PA

Des responsables américains ont détaillé la manière dont les restrictions navales visant les ports iraniens sont mises en œuvre alors que les flux maritimes et énergétiques restent perturbés.

Jeudi, de hauts responsables de la Défense américaine ont profité d’une conférence de presse au Pentagone pour expliquer comment les forces américaines appliquent le blocus naval des ports iraniens, en détaillant notamment les avertissements adressés directement aux capitaines des navires qui approchent des eaux sous restriction.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le chef d’état‑major interarmées Dan Caine et le commandant du CENTCOM, le général Brad Cooper, ont indiqué que les bâtiments de guerre américains ordonnent à plusieurs reprises aux navires de faire demi‑tour lorsqu’ils tentent de se rendre vers ou de quitter des ports iraniens, Caine détaillant la formulation utilisée sur les canaux radio ouverts.

Cette mise à jour intervient alors que la guerre avec l’Iran continue de perturber les échanges maritimes et les flux énergétiques mondiaux, de nombreux navires et marins étant bloqués dans le golfe Persique, dans l’incertitude quant à la capacité de la diplomatie à faciliter le passage par le détroit d’Ormuz.

Le blocus naval des ports iraniens demeure l’un des leviers les plus décisifs de Washington dans un conflit qui a déjà provoqué ce que les analystes de l’énergie décrivent comme la plus grande perturbation des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz jamais enregistrée. En temps normal, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz, faisant de toute restriction prolongée un enjeu économique mondial.

Pour le transport maritime commercial, les procédures décrites jeudi soulignent que l’application du blocus est concrète et physique, et non symbolique. Les navires qui tentent de braver le blocus s’exposent à un arraisonnement et à une saisie, ce qui pèse sur les primes d’assurance, les décisions de contournement des routes habituelles et la volonté des équipages de pénétrer dans la région.

Le briefing de jeudi a fourni la description publique la plus précise à ce jour de la manière dont le blocus est appliqué en mer.

Caine a centré son intervention sur le processus d’application, livrant un récit détaillé des avertissements radio adressés aux navires. Il a décrit un officier subalterne à la passerelle d’un destroyer américain transmettant un message standardisé.

"Un officier subalterne saisit le micro et transmet, je cite : N’essayez pas de franchir le blocus. Tout navire se rendant vers ou quittant des ports iraniens fera l’objet d’un arraisonnement aux fins d’interdiction et de saisie. Faites demi‑tour ou préparez‑vous à être arraisonné. Si vous ne respectez pas ce blocus, nous ferons usage de la force" , a rapporté Caine.

Caine a insisté sur le fait que cet avertissement est renforcé par la présence physique des forces navales américaines. Pendant la diffusion du message, a‑t‑il expliqué, les capitaines peuvent "littéralement voir, ressentir et mesurer la pression autour d’eux" à mesure que les bâtiments de guerre américains manœuvrent à proximité. Il a décrit l’opération comme une "machine finement réglée".

Selon Caine, cette séquence d’avertissement puis de demi‑tour a été exécutée 13 fois depuis le début du blocus, lundi, les navires préférant rebrousser chemin plutôt que de poursuivre leur route.

Cooper a souligné que le blocus vise de manière ciblée le trafic lié aux ports iraniens et ne constitue pas une tentative de fermer entièrement le détroit d’Ormuz.

Cette mise au point militaire intervient alors que de nouveaux éléments de presse mettent en lumière de possibles manœuvres diplomatiques de Téhéran. Mercredi, une dépêche de Reuters citant une source informée par des responsables iraniens a indiqué que l’Iran pourrait envisager de laisser les navires naviguer librement sur la partie omanaise du détroit d’Ormuz, sans risque d’attaque, si un accord était conclu avec Washington pour éviter une reprise des hostilités.

Reuters a rapporté que la guerre avec l’Iran a provoqué la plus importante perturbation des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz jamais enregistrée, en raison de l’interruption du trafic par l’Iran à Ormuz. Depuis le début des combats, le 28 février, des centaines de pétroliers et autres bâtiments, ainsi que des milliers de marins, sont coincés dans le golfe.

D’importantes zones d’ombre subsistent toutefois. La source n’a pas précisé si l’Iran retirerait d’éventuelles mines sous‑marines qu’il aurait posées dans la zone, ni si tous les navires — y compris ceux liés à Israël — seraient autorisés à passer librement. Reuters a indiqué que cette source avait insisté sur le fait que tout dispositif de passage sûr dépendrait de la volonté de Washington de répondre aux exigences plus larges de Téhéran, un élément présenté comme central pour tout possible accord.

Alors que le cessez‑le‑feu doit expirer la semaine prochaine, l’évolution du conflit — et les règles encadrant la navigation près de l’Iran — dépendront de l’issue des discussions, qu’il s’agisse d’une prolongation de la trêve ou d’une reprise des hostilités.
 

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