The Press Junction.
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12 mai 2026

L'Eurovision sous haute tension : "c'est la fête des artistes, pas celle de la politique"

©picture alliance / BEAUTIFUL SPORTS | Froehlich

Y a-t-il jamais eu une édition du Concours Eurovision de la chanson plus critiquée que cette 70e édition à Vienne ? Cinq pays boycottent déjà ouvertement le festival cette année en raison de la présence et des actions d'Israël. 

Il ne faut donc pas s'attendre à voir des candidats originaires des Pays-Bas, d'Espagne, d'Irlande, de Slovénie ou encore d'Islande se produire sur la scène de la Wiener Stadthalle de Vienne.

Comme le veut la tradition, le concours Eurovision de la chanson se tient cette semaine, les demi-finales se déroulant les 12 et 14 mai et la grande finale étant prévue pour le samedi 16 mai 2026. Mais une tension palpable entoure cette édition. La crise humanitaire à Gaza a été la principale raison du boycott de ces cinq pays. De plus, au cours des deux dernières années, le sentiment qu'Israël interférait politiquement dans le truquage des votes s'est accentué, ce qui constitue une violation des règles du concours. Des fonds publics israéliens auraient, en effet, été investis dans des spots publicitaires pour ses candidats en 2024 et 2025.

Toujours à la télévision néerlandaise

"Ce qui s'est passé l'année dernière - la violation de valeurs universelles telles que l'humanité et la liberté de la presse, mais aussi l'ingérence politique dans l'édition précédente du concours de la chanson - signifie qu'une limite a été atteinte pour nous", a déclaré le diffuseur néerlandais AVROTROS pour justifier son retrait.

En revanche, le concours sera bel et bien retransmis sur les chaînes de télévision néerlandaises. 

La Slovénie envoie un signal fort

La Slovénie, quant à elle, va encore plus loin. Non seulement le concours n'y est pas retransmis, mais lors des demi-finales et de la finale, des programmes alternatifs sont proposés en signe de protestation. En effet, le diffuseur public slovène RTVSLO a acquis des documentaires et des films sur et en provenance de Gaza, diffusés au moment même où les prestations de la Suède, de l'Italie et de Chypre (entre autres) passent sur les écrans du reste de l'Europe.

"Nous intervenons désormais contre la promotion disproportionnée des gouvernements"

Martin Green, le directeur du Concours Eurovision de la chanson (ESC), a évoqué les défis de cette 70e édition dans une récente interview accordée à Reuters (le 8 mai 2026). Il a refusé d'envisager l'exclusion de pays en guerre comme l'Ukraine et marque une distinction entre la Russie et Israël. Selon lui, il n'y a pas de consensus international sur Israël alors qu'il y en avait un sur la Russie, et c malgré le boycott des cinq pays. 

M. Green a admis que les campagnes de vote, telles que le soutien gouvernemental d'Israël en 2025, n'avaient pas été traitées avec suffisamment de sévérité. "Nous intervenons désormais en cas de promotion disproportionnée par les gouvernements ; les jurys veillent au respect des règles et nous ne tolérons plus de tels agissements". Espérant voir les pays boycotteurs revenir dans les années à venir, il considère la géopolitique comme une crise passagère : "L'Eurovision reste une célébration de la musique et des artistes, pas des gouvernements"

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