The Press Junction.
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12 mai 2026

La Corée du Nord renforce sa puissance balistique pour pouvoir atteindre le territoire américain

©picture alliance / YONHAPNEWS AGENCY | Yonhap

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a assisté à l’essai d’un moteur de missile à combustible solide de forte poussée, qu’il a d’ailleurs qualifié d’avancée majeure pour les capacités militaires stratégiques du pays. C’est ce qu’ont rapporté le 29 mars les médias d’État. Ce test signale la volonté persistante de Pyongyang de déployer des missiles nucléaires capables d’atteindre les États-Unis.

Newsweek a contacté la Maison-Blanche et le Département de la Défense pour obtenir un commentaire.

Cet essai de moteur laisse entendre que Kim Jong-un entend agrandir et moderniser l’arsenal de missiles à longue portée de la Corée du Nord, alors que les pourparlers diplomatiques entre Washington et Pyongyang restent au point mort. Selon les observateurs, estiment que l’augmentation de la capacité de poussée est probablement liée aux efforts visant à placer plusieurs ogives sur un seul missile — une capacité qui compliquerait considérablement la planification de la défense antimissile américaine.

Un essai qui intervient quelques semaines après que la Corée du Nord a tiré plus de dix missiles balistiques en mer lors d’exercices militaires américano-sud-coréens, illustrant le rythme soutenu des provocations de Pyongyang alors même que des responsables de l’administration Trump disent vouloir renouer le dialogue. (...)

Par ailleurs, cet essai s’inscrit dans le cadre du programme d’escalade militaire quinquennal de la Corée du Nord, qui comprend la modernisation de ce que les médias d’État appellent les “moyens de frappe stratégique” — terme largement compris comme désignant des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) à capacité nucléaire visant le territoire continental des États-Unis. La KCNA n’a pas précisé quand ni où l’essai avait eu lieu.

Les missiles à combustible solide présentent un avantage tactique par rapport aux anciens systèmes à combustible liquide de la Corée du Nord, qui doivent être ravitaillés avant le lancement et sont plus facilement détectables. Les missiles à combustible solide peuvent être déployés avec un délai d’alerte bien plus réduit, ce qui raccourcit la fenêtre d’intervention pour une action préemptive.

Certains experts étrangers estiment que la Corée du Nord doit encore face à des obstacles technologiques avant de disposer d’un ICBM pleinement opérationnel, notamment pour garantir la survie des ogives aux conditions extrêmes de la rentrée atmosphérique. D’autres contestent cette analyse, invoquant les décennies que Pyongyang a consacrées à ses programmes nucléaire et balistique.

La Corée du Nord a largement agrandi son arsenal depuis l’échec de la diplomatie entre Kim Jong-un et le président Donald Trump en 2019. Lors d’un congrès du Parti des travailleurs en février, le dirigeant nord-coréen a laissé la porte ouverte au dialogue mais a exigé que Washington renonce à la dénucléarisation comme condition préalable à toute discussion.

Le ministère japonais de la Défense a déclaré, dans un communiqué publié sur X suite aux tirs de missiles de février : “La série d’actions menées par la Corée du Nord menace la paix et la sécurité du Japon, de la région et de la communauté internationale” et “viole les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU”.

Alors que l’opération Freedom Shield — l’exercice militaire annuel entre les États-Unis et la Corée du Sud — s’est achevé plus tôt ce mois-ci et que des discussions diplomatiques sont en cours entre Washington et Séoul sur une éventuelle main tendue à Pyongyang, la poursuite des essais d’armement par la Corée du Nord complique la voie vers une reprise des pourparlers.

Le Premier ministre sud-coréen, Kim Min-seok, a déclaré aux journalistes, après une rencontre avec Donald Trump à Washington, que le président restait désireux de tenir un nouveau sommet avec Kim Jong-un —  bien que Pyongyang ait, à plusieurs reprises, rejeté les appels à revenir à la table des négociations sans conditions.

L’Associated Press a participé à la rédaction de cet article.

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