The Press Junction.
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12 mai 2026

Le prince héritier en exil Reza Pahlavi, candidat pour diriger l’Iran

©PA

Le prince héritier iranien en exil Reza Pahlavi a intensifié sa campagne publique pour se présenter comme un éventuel dirigeant de transition pour l’Iran, attirant de nouveau l’attention sur le fils du dernier shah d’Iran et sur sa famille. 

L’aîné du dernier shah vit en exil depuis des décennies, principalement aux États‑Unis, où il milite pour la fin de la République islamique et une transition démocratique.

Malgré des affirmations récurrentes en ligne lui attribuant des fortunes de plusieurs milliards de dollars, la valeur réelle du patrimoine de Pahlavi reste inconnue et aucun document financier public ne permet d’en faire un bilan définitif. Contrairement aux responsables élus ou à certains dirigeants d’entreprise, Pahlavi n’est pas tenu de déposer de déclarations de patrimoine, de documents fiscaux ou de rapports financiers. En revanche, ses biens immobiliers et transactions documentés aux États‑Unis offrent les indices vérifiables les plus solides sur sa richesse personnelle.

Il n’existe aucun chiffre confirmé concernant la fortune de Pahlavi. Il n’a jamais rendu publiques ses finances, et aucun document officiel ou dossier judiciaire ne permet de dresser un inventaire complet de ses avoirs.

La fortune personnelle de Mohammad Reza Pahlavi, le dernier shah d’Iran et père de Reza Pahlavi, a fait l’objet d’un examen minutieux après la révolution iranienne de 1979. Une enquête du Washington Post en 1979 décrivait la richesse du shah comme "sidérante", évoquant des estimations allant de plusieurs milliards de dollars d’actifs en Iran et à l’étranger, dont une grande partie était opaque et difficile à retracer. Il n’existe cependant aucun document public indiquant quelle part – si tant est qu’il y en ait une – de cette fortune a été directement héritée par Reza Pahlavi.

Les questions d’héritage sont, de surcroît, compliquées par les saisies d’avoirs après la révolution, les litiges juridiques et l’absence de documentation transparente sur la succession. Si la famille Pahlavi, dans son ensemble, contrôlait autrefois d’immenses ressources, aucune source publique fiable ne détaille la manière dont ces biens ont été répartis entre les héritiers ni quel niveau de richesse – le cas échéant – Reza Pahlavi a personnellement conservé à l’âge adulte.

Étant donné que ses sources de revenus issues de conférences, d’activités de plaidoyer ou d’investissements ne sont pas non plus rendues publiques, l’immobilier demeure le seul indicateur vérifiable pour tenter d’estimer sa fortune.

L’actif le mieux documenté de Pahlavi est une vaste propriété à Potomac, dans le Maryland, une banlieue de Washington prisée par les diplomates et les responsables politiques. Pahlavi habite une propriété de près de 600 m², estimée à environ 2 millions de dollars. Une autre maison qu’il possédait à Potomac a été vendue l’an dernier pour 3 millions de dollars, après avoir été achetée en 1996 pour 1,25 million.

Le bien a fait l’objet de lourds travaux de rénovation au fil des ans, pour un montant avoisinant 2 millions de dollars, et comprend une dépendance, une piscine et des jardins paysagers.

Des documents publics consultés par Newsweek lient également Pahlavi à des propriétés en Californie et dans l’État de New York.

Un appartement d'environ 93 m² à Marina del Rey, comprenant deux chambres et deux salles de bains, est estimé à quelque 1 million de dollars.

À East Hampton, des documents indiquent que Pahlavi possède une maison d’environ 280 m², avec cinq chambres et quatre salles de bains. Elle a été achetée en 2020 pour environ 1,8 million de dollars et est proposée à la location pour 8 000 dollars par mois.

Pris dans leur ensemble, les biens immobiliers de Pahlavi identifiables publiquement laissent penser à un patrimoine situé dans la fourchette basse à moyenne de quelques millions de dollars.

Reza Pahlavi est marié à Yasmine Etemad‑Amini, avocate de formation et ancienne praticienne du barreau, engagée de longue date dans la défense des droits humains, en particulier sur les questions touchant les femmes iraniennes.

Née à Téhéran en 1968, Yasmine était enfant lorsque la révolution islamique de 1979 a contraint sa famille à fuir l’Iran. Ils se sont finalement installés aux États‑Unis, où elle a achevé ses études et sa formation juridique.

Yasmine est titulaire d’une licence en sciences politiques et d’un diplôme de droit de l’université George Washington. Elle a ensuite intégré le barreau du Maryland. Pendant une dizaine d’années, elle a travaillé comme avocate au Children’s Law Center à Washington, représentant des jeunes en situation de vulnérabilité ou défavorisés devant les tribunaux. Elle a également cofondé, en 1991, la Foundation for the Children of Iran, une organisation à but non lucratif qui fournissait des soins médicaux à des enfants iraniens, sans considération de religion ni d’appartenance politique. Elle a quitté cette fondation en 2014.

Le couple s’est marié en 1986 à Greenwich, dans le Connecticut, alors qu’il vivait en exil aux États‑Unis. Depuis, Yasmine apparaît fréquemment aux côtés de son mari lors de rassemblements pro‑démocratie et d’événements liés aux mouvements d’opposition iraniens à l’étranger, même si elle n’a pas cherché à jouer un rôle politique formel.

Ensemble, Reza et Yasmine Pahlavi ont trois filles, toutes nées et élevées aux États‑Unis, symbole de la longue séparation de la famille avec l’Iran.

L’aînée, Noor Pahlavi, est née à Washington en 1992. Elle est la plus visible des trois sœurs sur la scène publique et endosse de plus en plus un rôle de porte‑parole politique et culturelle. Noor est diplômée en psychologie de l’université de Georgetown et titulaire d’un MBA de la Columbia Business School. En plus de travailler dans le capital‑risque et la communication stratégique, elle a publié des tribunes sur l’Iran, dénoncé la République islamique et participé, aux côtés de son père, à des rassemblements internationaux de l’opposition.

La cadette, Iman Pahlavi, née en 1993, a gardé un profil plus discret. Elle a étudié la psychologie et la communication à l’université du Michigan et s’est, dans l’ensemble, tenue à l’écart de l’activisme politique. En 2025, elle a épousé Bradley Sherman, un homme d’affaires américain, lors d’un mariage très médiatisé à Paris qui a retenu l’attention au sein de la diaspora iranienne en raison de sa dimension symbolique et de la présence d’invités internationaux.

La benjamine, Farah Pahlavi, née en 2004 et prénommée ainsi en hommage à sa grand‑mère, l’impératrice Farah, reste largement en dehors de la sphère publique. Elle n’a pas pris de rôle politique ni d’engagement militant, et l’on sait peu de choses de ses activités en dehors de quelques apparitions familiales et de son parcours scolaire, reflet d’une volonté délibérée de préserver sa vie privée.

Le retour en lumière de Pahlavi intervient dans un contexte de fortes tensions en Iran et d’attention accrue de la communauté internationale envers les figures de l’opposition en exil. Il se présente comme une figure de transition et de rassemblement plutôt que comme un prétendant au trône, appelant de manière répétée à un référendum pour déterminer le futur système de gouvernement de l’Iran.

"Nous sommes très proches de la victoire finale. J’espère être avec vous dès que possible afin que, ensemble, nous puissions reprendre l’Iran et le reconstruire", a déclaré Pahlavi.

En janvier, Pahlavi a confié à Newsweek que si le président Donald Trump décidait d’intervenir en Iran, "la fin du régime viendrait plus tôt et davantage de vies seraient sauvées". Il estimait toutefois que le régime était "fini" même sans intervention américaine, affirmant que "tout est déjà écrit".

Pahlavi a déclaré sur Fox News qu’il se sentait en mesure de diriger le pays et prêt à le faire.

"J’ai le soutien de millions d’Iraniens", a‑t‑il affirmé. « J’ai, à l’intérieur du pays, des gens qui nous rejoignent et élargissent la coalition de forces qui sera appelée à jouer un rôle décisif. L’armée se rangera de notre côté, et nous avons un plan d’action ainsi qu’un plan de transition."
 

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