Les internautes chinois se moquent du "péage" de Trump dans le détroit d’Ormuz
Pékin a qualifié le blocus américain de "dangereux" et averti qu’il ne ferait qu’enflammer davantage les tensions.
Le double blocus de l’Iran décidé par les États-Unis fait le buzz sur les réseaux sociaux chinois, où des internautes amusés le comparent à un "péage".
Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leurs attaques le 28 février, l’Iran a conservé un moyen de pression en étranglant le détroit d’Ormuz, par lequel transite, en temps de paix, un cinquième des exportations mondiales de pétrole transportées par voie maritime. Alors que le choc pétrolier qui en a découlé a accru la pression internationale pour la réouverture de la voie, Téhéran a mis en place ces dernières semaines un système d’escorte des navires autorisés à traverser ses eaux, ce que certains ont déjà surnommé un "péage".
Les États-Unis ont imposé lundi leur propre blocus — visant les navires quittant les ports iraniens — après l’échec, ce week-end, de négociations de la dernière chance avec l’Iran en vue d’une trêve durable. Sur Truth Social, le président Donald Trump a promis de refuser le passage aux navires soupçonnés d’avoir versé à l’Iran ce qu’il qualifie de "péage illégal".
Depuis l’annonce de Trump, les internautes chinois commentent ce qu’ils décrivent comme un deuxième "péage" — cette fois géré par Washington. Le Commandement central de l’armée américaine, chargé de mener l’opération, n’a pas annoncé de projet de prélèvement de droits de passage.
"Les Américains : puisque vous avez trop d’argent et que vous êtes prêts à payer des frais de passage, eh bien ça ne nous dérange pas que vous en payiez un de plus", écrit l’un d’eux sur Weibo, un réseau social similaire à X.
Certains ont spéculé sur un possible emballement de la situation, avec des pays du Golfe imposant des blocus supplémentaires. D’autres ont partagé des cartes retouchées montrant des couches hypothétiques de blocus, parfois empilées les unes sur les autres jusqu’à l’absurde.
Les réseaux sociaux chinois sont étroitement surveillés par la censure, et les contenus politiques ne se diffusent pas largement sans l’aval tacite de Pékin.
Mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié l’escalade américaine de "dangereuse et irresponsable".
"La partie américaine a renforcé son déploiement militaire et adopté des mesures de blocus ciblées, ce qui ne fera qu’exacerber les contradictions, intensifier les tensions, fragiliser encore une situation de cessez-le-feu déjà précaire et accentuer les risques pour la sécurité du passage dans le détroit", a déclaré la porte-parole Guo Jiakun devant les journalistes.
La Chine, partenaire politique de longue date de l’Iran, a tout particulièrement intérêt à la reprise du trafic maritime, le pays du Moyen-Orient fournissant environ 40 % des importations pétrolières chinoises.
Selon des informations de presse, des diplomates chinois auraient joué un rôle en coulisses dans la proposition du Pakistan de servir de médiateur aux négociations du week-end.
Ce premier cycle de pourparlers directs n’a pas abouti à un accord durable, la partie américaine affirmant que l’Iran avait rejeté des exigences clés, notamment l’abandon de l’enrichissement d’uranium par crainte qu’il ne développe une arme nucléaire. Téhéran a accusé Washington de présenter des exigences maximalistes et de faire évoluer sa position.
Les deux camps ont cependant fait état de certains progrès, et Islamabad a proposé un second round de discussions dès jeudi, ont indiqué des responsables pakistanais.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : ©Unsplash)
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