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Un missile tiré par l’Iran et abattu par la Turquie ne poussera pas l’OTAN à déclencher sa clause de défense collective au titre de l’Article 5, a déclaré le chef de l’Alliance, Mark Rutte.
La Turquie, membre clé de l’OTAN dans la région, a annoncé que les défenses antiaériennes de l’Alliance avaient détruit mercredi un missile balistique iranien alors qu’il se dirigeait vers l’espace aérien turc, des débris étant tombés dans le district de Dortyol, dans le sud du pays, près de la frontière syrienne.
Aux termes de l’Article 5 du traité fondateur de l’Alliance, une attaque contre l’un des membres de l’OTAN est considérée comme une attaque contre tous et impose aux alliés de porter assistance au pays visé, y compris, potentiellement, par l’emploi de la force militaire.
L’incident a ravivé les craintes de débordement de "l’opération Epic Fury", qui entre dans son sixième jour, avec des pays à travers le Moyen-Orient et au-delà pris pour cibles alors que Téhéran riposte aux frappes aériennes américaines et israéliennes lancées samedi.
Mark Rutte a toutefois relativisé le risque de voir l’Article 5 invoqué, ce qui entraînerait l’ensemble des 32 membres de l’Alliance dans la guerre.
"Personne ne parle de l’Article 5", a déclaré Rutte à Reuters jeudi, ajoutant : "le plus important, c’est que nos adversaires ont vu hier à quel point l’OTAN est forte et vigilante".
Interrogé sur l’incident lors d’un point de presse au Pentagone mercredi, le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth avait indiqué qu’il ne pensait pas que cela conduirait à l’activation de l’engagement de défense mutuelle de l’Alliance.
"Nous sommes informés de cet engagement précis", a-t-il dit, "mais rien ne laisse penser que cela déclencherait quelque chose comme l’Article 5. Non."
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait, de son côté, déclaré au cours d’un entretien téléphonique avec le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, que "les attaques contre le territoire souverain de la Turquie étaient inacceptables", selon le département d’État.
L’incident a également suscité la condamnation de l’OTAN, qui a affirmé dans un communiqué qu’elle "se tient fermement aux côtés de tous les alliés… alors que l’Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région".
L’état-major des forces armées iraniennes a nié avoir tiré des missiles sur la Turquie, affirmant que la République islamique respectait la souveraineté de la Turquie "amie", avec laquelle elle partage une frontière.
Un responsable turc a déclaré à l’agence AFP que le missile "visait une base à Chypre grecque mais a dévié de sa trajectoire".
Alors que certaines opérations militaires américaines ont suscité des critiques au sein de l’OTAN, notamment de la part de la Turquie et de l’Espagne, Rutte a apporté son soutien aux actions de Washington.
Il a confié à Reuters qu’à l’issue de ses entretiens avec les responsables politiques et militaires américains, "j’ai la conviction absolue qu’ils savent où ils veulent aller".
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