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Il s’agit du septième tir de missile effectué par la Corée du Nord depuis le début de l’année.
La Corée du Nord a tiré plusieurs missiles balistiques présumés en direction de la mer au large de sa côte est, dimanche matin, marquant son septième lancement de missile balistique depuis le début de l’année, et le quatrième pour le seul mois d’avril, selon Reuters.
Ces tirs surviennent alors que les États-Unis restent absorbés par leur face-à-face militaire avec l’Iran, une fenêtre d’opportunité que Pyongyang exploiterait délibérément pour accélérer ses programmes nucléaire et balistique, selon les analystes. La Corée du Sud et le Japon sont désormais en état d’alerte renforcée, leurs gouvernements échangeant des renseignements et coordonnant étroitement leurs actions avec Washington.
Les missiles ont été tirés depuis les environs de Sinpo, une ville située sur la côte est de la Corée du Nord, vers 6 h 10, heure locale, dimanche. L’état-major interarmées sud-coréen a confirmé les lancements et indiqué que le pays avait renforcé sa posture de surveillance. La présidence sud-coréenne a convoqué une réunion d’urgence sur la sécurité en réponse.
Le ministère japonais de la Défense a confirmé avoir détecté les tirs, ajoutant que les missiles auraient terminé leur trajectoire au large de la côte est de la péninsule coréenne, sans qu’aucune intrusion dans la zone économique exclusive du Japon n’ait été constatée.
Ces lancements violent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisant le programme de missiles de la Corée du Nord. Pyongyang rejette cette interdiction onusienne, qu’il considère comme une atteinte à son droit souverain à l’autodéfense.
Les tirs de dimanche s’inscrivent dans une escalade continue. La semaine précédente, Kim Jong Un avait supervisé en personne des essais de missiles depuis un destroyer du pays, appelant ensuite à "l’expansion illimitée" des forces nucléaires et donnant de nouvelles directives pour affûter les capacités d’attaque nucléaire et de riposte rapide de la Corée du Nord.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a confirmé la semaine dernière une "augmentation rapide" des activités dans les installations nucléaires nord-coréennes, mettant en garde contre de probables avancées de la capacité d’enrichissement de l’uranium. Fin mars, Kim a déclaré que le statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord était irréversible.
Parallèlement à cette montée des tensions militaires, la Corée du Nord a clairement fait savoir qu’elle n’avait aucune intention de réchauffer ses relations avec Séoul.
Au début du mois, Jang Kum Chol, premier vice-ministre au ministère nord-coréen des Affaires étrangères, a affirmé que la Corée du Sud resterait toujours "l’État ennemi le plus hostile" de la Corée du Nord, qualifiant Séoul de "fous stupéfiants le monde" après que des responsables sud-coréens ont interprété une déclaration de la sœur de Kim Jong Un, Kim Yo Jong, comme un signal de progrès diplomatique. Jang a précisé que cette déclaration se voulait un avertissement, non une ouverture.
La Corée du Nord refuse de reprendre les discussions avec la Corée du Sud ou les États-Unis depuis l’échec, en 2019, de la diplomatie menée par Kim Jong Un avec le président Donald Trump. Pyongyang a, en parallèle, renforcé ses liens avec la Russie et la Chine.
En septembre dernier, Kim s’est rendu à Pékin pour son premier sommet avec le président chinois Xi Jinping en six ans. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, est attendu à Pyongyang cette semaine pour une visite de deux jours.
Ces tirs interviennent à l’approche d’un sommet États-Unis–Chine prévu les 14 et 15 mai, au cours duquel Trump et Xi devraient évoquer la question nord-coréenne parmi d’autres dossiers.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction / Picture : ©Unsplash)
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