L’administration du président Donald Trump a installé, sur le terrain de l’Eisenhower Executive Office Building, adjacent à la Maison-Blanche, une réplique d’une statue de Christophe Colomb. Celle-ci avait été jetée dans le port de Baltimore lors des manifestations de 2020 contre les injustices raciales.
Christophe Colomb est longtemps resté dans l’imaginaire collectif comme un explorateur des XVe et XVIe siècles, célèbre pour avoir relié le Vieux Monde — l’Europe, l’Afrique et l’Asie — au Nouveau Monde des Amériques (Amérique du Nord et Amérique du Sud).
Cependant, les travaux des historiens ont conduit certains éducateurs à le présenter davantage comme un colonisateur que comme un simple explorateur ; un homme dont l’arrivée a entraîné le vol de terres, l’esclavage, la maladie et la destruction culturelle pour les communautés autochtones.
De nombreux Américains continuent néanmoins de le considérer comme une figure nationale mythique. Né à Gênes, en Italie, Christophe Colomb reste, pour une partie des communautés italo-américaines, un symbole de leur héritage.
Si la décision de Donald Trump de remettre Colomb à l’honneur s’inscrit, d’un côté, dans la volonté de commémorer le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance, il défend depuis longtemps la vision traditionnelle de l’explorateur. En octobre dernier, il avait ainsi publié une proclamation pour le Columbus Day (le Jour de Colomb), le décrivant comme “le héros américain originel, un géant de la civilisation occidentale et l’un des hommes les plus vaillants et visionnaires à avoir jamais foulé la surface de la Terre”.
Cette position contraste vivement avec celle de l’ancien président démocrate Joe Biden qui, en 2021, avait choisi de publier une proclamation pour la Journée des peuples autochtones. Il a été le premier président à rendre hommage aux “contributions inestimables et à la résilience des peuples autochtones”. De son côté, l’actuel locataire de la Maison-Blanche préfère ignorer cette journée.
La statue se dressait à l’origine sur Columbus Piazza, dans le quartier de Little Italy à Baltimore, où elle avait été inaugurée par le président Ronald Reagan en 1984. Le 4 juillet 2020, en plein mouvement de contestation nationale après le meutre de George Floyd par la police, des manifestants ont utilisé des cordes et des chaînes pour faire tomber le monument et le jeter dans l’Inner Harbor de Baltimore (le port de Baltimore).
Le sculpteur Will Hemsley a été chargé de restaurer la statue, en assemblant des éléments récupérés dans le port avec de nouvelles pièces et des réparations.
La réplique restaurée appartient à l’organisation Italian American Organizations United. Son président, le lobbyiste du Maryland John Pica, a indiqué que son organisation avait voté à l’unanimité le prêt de la statue au gouvernement fédéral, après avoir été contactée par un intermédiaire de la Maison-Blanche aux alentours du Columbus Day l’an dernier. La statue reste en prêt et serait restituée si une future administration en demandait le retrait.
Donald Trump s’oppose depuis longtemps au retrait des statues de Colomb. Dès 2017, il s’était exprimé contre la révision du monument de 23 mètres de haut situé à Columbus Circle, à New York, décrivant l'explorateur comme "le héros américain originel, un géant de la civilisation occidentale".(...)
Les origines du Columbus Day sont elles-mêmes ancrées dans les politiques d’immigration. Bien que les expéditions de Colomb n'aient jamais atteint le continent nord-américain, il est devenu un symbole de l’identité italo-américaine à mesure que les immigrés arrivaient en nombre aux États-Unis. La première célébration du Columbus Day a eu lieu après le lynchage, en 1891, de 11 immigrés italo-américains à La Nouvelle-Orléans. Le président Franklin D. Roosevelt en a fait un jour férié national en 1934.
Le président Donald Trump écrivait sur Truth Social en 2025 : “Je fais renaître le Columbus Day de ses cendres. Les démocrates ont fait tout leur possible pour détruire Christophe Colomb, sa réputation, et tous les Italiens qui l’aiment tant.”
Nino Mangione, élu républicain de l’État du Maryland pour le comté de Baltimore, déclarait le mois dernier à Newsweek : “Il a fallu réparer la statue après que des voyous ont tenté de la détruire et l’ont jetée dans l’Inner Harbor. La statue est restaurée et prête à être exposée à une position d’honneur proéminente, à la hauteur du grand Christophe Colomb… Nous sommes très heureux à l’idée qu’elle soit installée sur les terres sacrées de la Maison-Blanche.”
Avec la contribution de l’Associated Press.
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : Kevin Olson via Unsplash)
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