The Press Junction.
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12 mai 2026

Trump parle-t-il vraiment de la fin de la guerre avec les Iraniens?

©PA

Le président Donald Trump a déclaré qu’il reportait des frappes militaires contre l’Iran puis a ensuite vanté des négociations productives avec Téhéran. 

Toutefois, tandis que The Jerusalem Post affirmait que le président du Parlement iranien menait des discussions avec Washington, des médias iraniens proches de l’État ont démenti l’existence de pourparlers.

Les commentaires de Trump sur Truth Social intervenaient deux jours après sa menace selon laquelle l’Iran disposait de 48 heures pour rouvrir complètement le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, sous peine de voir les infrastructures énergétiques du pays "anéanties".

Téhéran a répliqué en menaçant de "détruire irréversiblement" des infrastructures essentielles dans tout le Moyen-Orient, notamment des systèmes d’approvisionnement en eau vitaux, si Trump mettait sa menace à exécution, alimentant les craintes d’une nouvelle escalade dans cette guerre qui en est désormais à sa quatrième semaine.

Trump menace, l’Iran réplique. Samedi, Trump avait prévenu que Téhéran devait débloquer le passage maritime ou que les États-Unis "frapperaient et anéantiraient leurs différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE".

Il n’a pas fourni davantage de détails, mais le poste de commandement opérationnel de l’armée iranienne, Khatam al-Anbiya, a indiqué que Téhéran riposterait en frappant l’ensemble des infrastructures énergétiques, informatiques et de dessalement liées aux États-Unis et à Israël.

Les médias iraniens ont diffusé une liste de sites potentiels de frappe, comprenant des usines de dessalement critiques au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.

"Cela s’inscrit dans la stratégie iranienne visant à prendre la main sur l’escalade et à répondre un cran au-dessus du seuil de l’adversaire pour restaurer la dissuasion, ce qui, bien sûr, peut conduire à une nouvelle escalade", a expliqué à Newsweek Hamidreza Azizi, spécialiste de l’Iran.

Lundi, Trump a publié sur Truth Social qu’il avait demandé au département de la Défense de reporter les frappes militaires sur l’Iran après de "très bonnes et productives conversations concernant une résolution complète et totale de nos hostilités au Moyen-Orient".

Cependant, le message de Trump a été démenti par l’agence de presse officielle iranienne Fars, qui a assuré que le régime de Téhéran n’était engagé dans aucune négociation directe avec les États-Unis, ni par l’intermédiaire de tiers. Lundi, il n’y avait aucun signe d’une réouverture totale du détroit d’Ormuz, même si certains navires provenant de pays considérés comme amis par Téhéran auraient été autorisés à passer.

Fars a également cité une source anonyme selon laquelle Trump aurait "rétropédalé" sur sa menace, tandis que la chaîne de télévision d’État IRIB affirmait sur Telegram que Trump avait repoussé son ultimatum "par peur de la riposte iranienne".

Trump a déclaré plus tard lundi à des journalistes qu’une proposition envisageait un partage du contrôle du détroit d’Ormuz entre les États-Unis et l’Iran, tout en laissant entendre qu’un changement de régime avait déjà eu lieu. Une source anonyme a confié à The Jerusalem Post que le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, conduisait les discussions avec les États-Unis.

Trump a indiqué que les échanges de dimanche avaient permis d’aboutir à "des points d’accord majeur" avec les plus hauts dirigeants iraniens, même s’il n’avait pas eu de nouvelles du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui n’est pas apparu en public depuis son accession au pouvoir à la suite du décès de son père.

Mark Shanahan, spécialiste de la politique américaine à l’université de Surrey, en Angleterre, a déclaré qu’il était peu probable que Trump soit impliqué dans une quelconque négociation directe avec l’Iran, "mais il existe des canaux officieux via des responsables iraniens qui dialoguent avec les cabinets de certains dirigeants européens".

Il a poursuivi : "C’est une voie détournée, mais c’est ainsi que fonctionne la diplomatie. Trump n’admettra jamais qu’il se trompe sur quoi que ce soit : il va détourner l’attention, nier et redoubler d’affirmations… Pour l’instant, il fait marche arrière sans reconnaître qu’il fait marche arrière. Même si la tension immédiate peut légèrement retomber aujourd’hui, le danger, lui, demeure bien réel."

 

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