The Press Junction.
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12 mai 2026

Une chercheuse de l’OTAN met en garde contre un risque de guerre mondiale

©Unsplash

Une chercheuse en défense de l’OTAN a averti que le risque d’une troisième guerre mondiale "devient plus évident" sur fond de conflit entre les États-Unis et Israël, d’un côté, et l’Iran, de l’autre.

Florence Gaub, directrice de la recherche au Collège de défense de l’OTAN, a expliqué que ce risque pourrait croître par le biais d’accidents et de signaux mal interprétés plutôt que parce que "quelqu’un, un beau jour, appuie sur le bouton de la guerre".

"On peut glisser vers ce type de conflit sans que personne ne le veuille — un accident, une mauvaise interprétation, une surenchère verbale, des décisions prises sous pression" a-t-elle déclaré lundi au quotidien espagnol El País.

"C’est pourquoi il est tout aussi important d’investir dans la diplomatie que dans la défense", a-t-elle ajouté.

Samedi, les États-Unis et Israël ont attaqué Téhéran, tuant le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que d’autres hauts responsables du régime. Ces frappes ont déclenché des représailles iraniennes : Téhéran a à plusieurs reprises tiré des salves de missiles et de drones sur ses voisins du Golfe, visant des bases américaines et des alliés.

Depuis, le Moyen-Orient est en proie à une vague d’attaques — faisant des morts, des blessés et d’importants dégâts sur les bâtiments et les infrastructures — et rien n’indique que le conflit doive s’achever de sitôt.

Le président américain Donald Trump a affirmé que l’opération Epic Fury se poursuivait et continuerait "à plein régime tant que tous nos objectifs n’auront pas été atteints".

Il a toutefois avancé des calendriers contradictoires quant à la durée probable de l’opération, allant de deux ou trois jours à quatre ou cinq semaines.

Malgré cela, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a assuré aux journalistes que les États-Unis ne se laisseraient pas entraîner dans une "guerre sans fin".

Dernier signe en date de l’extension du conflit iranien en une confrontation régionale plus large : Israël a indiqué que ses troupes "opéraient dans le sud du Liban", près de la frontière, "dans le cadre d’une posture de défense avancée renforcée" pour frapper des cibles du Hezbollah.

De vives inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique à l’échelle mondiale se font également jour, alors que Téhéran a menacé de tirer sur les navires empruntant le détroit d’Ormuz — un passage maritime sous contrôle iranien par lequel transite environ un quart du commerce mondial de pétrole brut et de gaz naturel.

Selon Bloomberg, la Chine, principal acheteur de pétrole brut iranien, fait pression sur Téhéran pour qu’il évite de perturber les flux énergétiques,. 

"La politique énergétique est vitale pour l’économie mondiale et il incombe à tous de garantir un approvisionnement sans entrave. La Chine fera ce qui est nécessaire pour assurer sa sécurité énergétique", a déclaré mardi Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse régulier à Pékin.

Pour Florence Gaub, "la guerre avec l’Iran se prépare depuis le début des années 2000" et elle a indiqué que le conflit actuel ne l’avait pas surprise, car "cette guerre se prépare au moins depuis le début des années 2000, lorsque le programme nucléaire iranien a été révélé".

"Lorsqu’on ne règle pas la cause d’un conflit et que les capacités matérielles rejoignent la volonté d’agir, la guerre n’est plus qu’une question de temps", a-t-elle résumé.

L’attaque de samedi est intervenue quelques jours après de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran, qui faisaient suite à des décennies de discussions ponctuées de revers.

Gaub a décrit Trump comme "un dirigeant qui utilise la surprise comme méthode". Elle a poursuivi :  "Sa force réside dans sa capacité à proposer une vision de l’avenir, même si elle est totalement illibérale. Les mouvements ultras réussissent parce qu’ils promettent une rupture avec le passé. Les partis traditionnels, au contraire, se contentent de gérer le présent."

Trump a déclaré dimanche, dans une allocution vidéo : "La position des États-Unis, en particulier sous mon administration, a toujours été que ce régime terroriste ne doit jamais disposer de l’arme nucléaire."

Dans sa dernière allocution vidéo, lundi, le président américain a affirmé : "Notre détermination, tout comme celle d’Israël, n’a jamais été aussi forte."

Trump a aussi affirmé lundi sur Truth Social que Téhéran voulait discuter, mais qu’il était "trop tard".
 

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