The Press Junction.
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12 mai 2026

2 frères indiens recyclent 907 tonnes de déchets

©Unsplash

À New Delhi, l’une des villes les plus polluées au monde, l’air irrespirable et la combustion incontrôlée des déchets aggravaient l’asthme de Vihaan Agarwal, alors adolescent. En 2017, l’effondrement et l’incendie de l’immense décharge de Ghazipur ont rendu visible ce qui, jusque-là, n’était qu’une perception : le lien direct entre gestion des déchets et santé

De là est née, avec son frère Nav Agarwal, une question simple mais radicale : que se passerait-il si le tri des déchets fonctionnait vraiment ?

La première tentative a eu lieu à la maison : séparer le plastique, le papier et les déchets organiques chez soi. Mais les sacs déjà triés n’ont pas été collectés. Un obstacle qui aurait suffi à décourager beaucoup de gens. Les deux garçons, au contraire, ont impliqué les voisins, expliqué, insisté, organisé. Le tournant est arrivé lorsque quinze familles ont commencé à présenter des déchets déjà séparés : les autorités locales ont alors accepté de les ramasser. Ce fut la première étape d’un modèle qui grandit par la base, fondé sur la responsabilité partagée et la pression citoyenne.

De ce petit noyau est née OneStepGreener, une organisation à but non lucratif qui aujourd’hui gère le tri des déchets d’environ 3 000 familles dans 14 villes indiennes. Les déchets sont acheminés vers des entrepôts spécialisés où le tri devient encore plus précis : papier journal distinct du papier de bureau, plastiques séparés par type, appareils électroniques démontés composant par composant. Un travail méthodique qui augmente les chances de recyclage effectif, en évitant que des matériaux théoriquement récupérables ne finissent malgré tout en décharge.

Aujourd’hui, OneStepGreener a atteint un jalon symbolique : deux millions de livres de déchets recyclés (907 tonnes), l’équivalent de ce que New Delhi produit en une seule journée. Un résultat qui vaut aux frères Agarwal l’International Children’s Peace Prize, une distinction attribuée à de jeunes leaders engagés à l’échelle mondiale. Le projet comprend également la plantation d’arbres et des activités éducatives dans les écoles, car le changement, expliquent-ils, passe avant tout par la culture.

Le message est clair : si un tel système peut fonctionner dans une mégalopole complexe et surpeuplée comme Delhi, il peut être reproduit ailleurs. Il n’est pas nécessaire de disposer de technologies futuristes, mais d’organisation, de constance et de participation. Pour Vihaan et Nav, la gestion des déchets a cessé d’être "le problème de quelqu’un d’autre" pour devenir une question quotidienne, concrète, abordable, démontrant que même les problèmes immenses peuvent être affrontés pas à pas.

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