The Press Junction.
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12 mai 2026

85 % des pommes testées en Europe contaminées aux pesticides

©Unsplash

La lecture des résultats du nouveau rapport de PAN Europe – une coalition d’organisations écologistes actives dans toute l’Europe ,qui a analysé 59 échantillons de pommes provenant de 13 pays, dont l’Italie, la France, l’Espagne et l’Allemagne, met en lumière une contamination quasi systématique par de multiples pesticides.

Les chiffres, cette fois, sont vraiment frappants : 85 % des pommes issues de l’agriculture conventionnelle testées contenaient des résidus de plusieurs pesticides à la fois, tandis que seulement 7 % se sont avérées totalement exemptes de traces chimiques.

Le point le plus inquiétant de l’enquête concerne le type de substances détectées. 64 % des échantillons contenaient au moins un pesticide appartenant à la famille des PFAS, ces "polluants éternels" qui persistent dans l’environnement pendant des décennies et s’accumulent dans les organismes vivants.

Un tiers des pommes analysées (36 %) présentait en outre des traces de pesticides neurotoxiques, des substances potentiellement nocives pour le système nerveux, tandis que 71 % contenaient au moins l’un des pesticides classés par l’UE comme "candidats à la substitution", c’est‑à‑dire les substances les plus dangereuses, censées être retirées en priorité du marché.

Ce qui inquiète le plus les experts, ce n’est pas tant (ou pas seulement) la présence de pesticides pris individuellement, mais leur combinaison. L’exposition simultanée à de multiples substances chimiques, le fameux effet cocktail, peut en effet produire des effets synergiques imprévisibles, potentiellement plus nocifs que la simple somme de chaque composant pris séparément.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a été chargée il y a 20 ans de développer une méthodologie pour réglementer les effets combinés des pesticides, mais elle n’a toujours pas rempli cette obligation légale, souligne Gergely Simon, militant de PAN Europe. Les preuves scientifiques établissent de plus en plus de liens entre l’exposition chronique aux pesticides et des problèmes de fertilité, voire potentiellement des cancers.

Plus inquiétant encore, 100 % des échantillons contaminés contenaient des pesticides PFAS et des substances classées par l’UE comme "candidats à la substitution", autrement dit les pesticides les plus toxiques, censés être éliminés en priorité. Seule note positive : l’absence de résidus de pesticides neurotoxiques dans les échantillons italiens analysés, contrairement à ce qui a été constaté dans d’autres pays européens.

Seule 1 pomme sur 5 s’est révélée totalement dépourvue de traces chimiques, un chiffre qui montre à quel point la contamination par les pesticides est devenue la norme plutôt que l’exception.

Le rapport met en lumière un paradoxe réglementaire : ces mêmes pommes, si elles étaient utilisées pour fabriquer des aliments destinés aux enfants de moins de trois ans, ne pourraient pas être commercialisées. La législation européenne prévoit en effet des limites bien plus strictes pour les produits destinés à la petite enfance, reconnaissant implicitement les risques liés à l’exposition aux pesticides au cours du développement.

Les parents ignorent souvent que nourrir leurs enfants avec des fruits ou des légumes frais conventionnels augmente considérablement leur exposition aux pesticides, parfois de plus de 600 fois par rapport aux aliments transformés pour nourrissons.

Dans l’attente de règles européennes plus efficaces, PAN Europe fournit quelques conseils pratiques aux consommateurs soucieux de leur santé et de celle de leurs proches.

La principale recommandation est de privilégier la consommation de pommes biologiques, cultivées par définition sans pesticides de synthèse. À défaut, pour ceux qui achètent des pommes issues de l’agriculture conventionnelle, il est conseillé de les éplucher avant de les consommer, la majorité des résidus se concentrant dans la peau.

 

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