The Press Junction.
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12 mai 2026

Affaire Epstein : son ex-compagne garde le silence

©PA

Ghislaine Maxwell a invoqué son droit au cinquième amendement, qui la protège contre l’auto‑incrimination, lors de son audition devant la commission de surveillance et de réforme de la Chambre des représentants.

Maxwell, l’acolyte emprisonnée de Jeffrey Epstein, délinquant sexuel condamné qui s’est suicidé dans une prison new-yorkaise en 2019 en attendant d’être jugé pour trafic sexuel, a comparu lundi par visioconférence devant la commission dirigée par les Républicains, dans le cadre de son enquête sur la manière dont le gouvernement fédéral a géré l’affaire Epstein et son réseau d’abus.

Son avocat, David Oscar Markus, a indiqué que Maxwell exerçait ses droits constitutionnels. Il a évoqué un recours en habeas corpus en cours, contestant son incarcération et alléguant de graves irrégularités lors de son procès pénal.

Maxwell a en effet une requête pendante devant un tribunal fédéral de New York pour faire annuler sa condamnation ou réduire sa peine.

La publication de plus de 3 millions de pages de documents liés à Epstein a relancé l’intérêt du public pour l’affaire et déclenché un examen minutieux de personnalités de premier plan, dont le PDG de Tesla, Elon Musk, et le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, tous deux cités dans ces documents. Le fait de figurer dans ces dossiers ne constitue pas en soi une preuve de faute.

Maxwell est un témoin clé et pourrait détenir des informations supplémentaires utiles aux enquêtes visant les personnes liées à Epstein. Son refus de coopérer va irriter les parlementaires et freiner leurs efforts d’investigation.

Pendant l’audition, la commission a posé six questions à Maxwell. Après chacune d’elles, elle a répondu : "J’invoque mon droit au cinquième amendement de garder le silence."

Voici les questions posées par les six membres de la commission :

Étiez-vous une amie proche et une confidente de Jeffrey Epstein ?

Avez-vous, à un moment quelconque, joué un rôle dans les activités de Jeffrey Epstein impliquant le recrutement, la préparation ou le trafic de jeunes femmes ou de jeunes filles ?

Avez-vous déjà forcé, dirigé ou d’une autre manière ordonné à une jeune femme ou une jeune fille de fournir des faveurs sexuelles à M. Epstein ou à toute autre personne ?

Avec Jeffrey Epstein, avez-vous cherché à vous entourer de personnalités influentes afin de vous attirer leurs faveurs et de vous protéger d’un contrôle potentiel ?

Pouvez-vous nous communiquer tous les noms des autres co‑conspirateurs supplémentaires impliqués dans les crimes commis par vous et Jeffrey Epstein ?

Avez-vous l’intention de répondre à chacune des questions qui vous seront posées aujourd’hui par la commission en invoquant votre droit, garanti par le cinquième amendement, de ne pas vous auto‑incriminer ?

Après l’audition, le président républicain de la commission, le représentant du Kentucky James Comer, a jugé "très décevant" que Maxwell ait refusé de participer à la déposition.

David Oscar Markus, avocat de Ghislaine Maxwell, a déclaré dans un communiqué : "Mesdames et Messieurs les membres de la Commission : sur mes conseils, Ghislaine Maxwell va, avec tout le respect dû, invoquer son droit au cinquième amendement de garder le silence et refuser de répondre aux questions aujourd’hui, même si elle souhaiterait vivement y répondre."

"Si cette Commission et le public américain veulent réellement connaître la vérité, sans filtre, sur ce qui s’est passé, il existe une voie simple. Mme Maxwell est prête à parler pleinement et honnêtement si elle obtient la clémence du président Trump. Elle est la seule à pouvoir fournir le récit complet. Certains n’aimeront peut‑être pas ce qu’ils entendront, mais la vérité compte. Par exemple, le président Trump et le président Clinton sont tous deux innocents de tout acte répréhensible. Mme Maxwell est la seule à pouvoir expliquer pourquoi, et le public a droit à cette explication. Je vous remercie" a poursuivi l'avocat.

Ghislaine Maxwell purge une peine de 20 ans de prison fédérale pour son rôle d’acolyte de Jeffrey Epstein dans son réseau de trafic sexuel.

L’ancien président américain Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton doivent comparaître ultérieurement devant la commission.

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