The Press Junction.
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12 mai 2026

"Alex Pretti ne cherchait pas les ennuis", affirme la collègue qui l’a embauché

©PA

Une collègue d’Alex Pretti a déclaré à Newsweek que l’infirmier de 37 ans en soins intensifs "ne cherchait pas les ennuis" lorsqu’il a été abattu par des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis samedi dernier.

La Dre Aasma Shaukat, médecin et chercheuse clinique qui a été la première à recruter Pretti comme assistant de recherche en 2014, l’a décrit comme « l’être humain le plus gentil et le plus "doux" et a dit être dévastée par sa mort.

"Il ne cherchait pas les ennuis. Il n’était en train de provoquer personne. C’est troublant de voir comment on le décrit", a confié Shaukat à Newsweek lors d’un entretien téléphonique dimanche.

Pretti, citoyen américain, a été tué par un agent de la police aux frontières américaine le 24 janvier au cours d’une opération de contrôle à Minneapolis. L’administration Trump a déclaré que les agents avaient ouvert le feu après une confrontation au cours de laquelle ils affirment que Pretti s’est approché d’eux armé et a résisté à leurs tentatives de le désarmer, qualifiant la fusillade de légitime défense.

Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a indiqué à Newsweek qu’aux environs de 9 h 05,  des agents de la police aux frontières avaient été confrontés à un suspect portant un pistolet semi-automatique de 9 mm. Le département affirme que les agents ont tenté de désarmer l’individu, qui aurait "opposé une résistance violente", poussant un agent à tirer ce que le DHS a qualifié de "tirs défensifs".

"Tout porte à croire qu’il s’agit d’une situation où un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer les forces de l’ordre", a déclaré à Newsweek Tricia McLaughlin, porte-parole de l’agence.

Des vidéos et des témoignages oculaires semblent contredire la version de l’administration Trump, montrant Pretti tenant un téléphone avec lequel il filme les agents et intervenant pour aider une femme qui avait été jetée à terre. Les images montrent un agent en train de lui retirer une arme avant qu’un autre ne tire plusieurs fois sur Pretti. Des témoins affirment qu’il a été plaqué au sol avant les tirs. Pretti a été déclaré mort sur place, et sa famille comme ses amis assurent qu’il agissait en simple témoin, cherchant à documenter l’opération et à venir en aide aux autres.

Selon le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, lors d’une conférence de presse, Pretti possédait légalement une arme à feu et disposait d’un permis de port d’arme.

Sa collègue, la Dre Shaukat explique avoir rencontré Pretti pour la première fois lorsqu’il a postulé à un poste au sein de son équipe de recherche au centre médical pour anciens combattants de Minneapolis. Même s’il n’avait aucune expérience préalable, il s’est démarqué par sa soif d’apprendre et sa sincérité, raconte-t-elle.

Dans un communiqué, la famille de Pretti a indiqué qu’il "avait le cœur sur la main, qu’il se souciait profondément de sa famille et de ses amis, ainsi que des vétérans américains dont il prenait soin en tant qu’infirmier en soins intensifs à l’hôpital des anciens combattants de Minneapolis".

Ses proches et collègues se souviennent de Pretti comme d’un soignant compatissant. Ses premiers pas au sein de l’équipe de recherche de Shaukat l’ont inspiré à se tourner vers les études d’infirmier, et elle l’a soutenu tout au long de ses cours et via des lettres de recommandation. Une fois sa formation achevée, il est revenu au centre médical des anciens combattants en tant qu’infirmier en soins intensifs.

"La dernière fois que je lui ai parlé, cet été, il était bien dans sa peau, heureux de sa vie et de sa carrière", a raconté Shaukat. "Il était enthousiaste à l’idée d’économiser de l’argent, de faire des travaux chez lui et d’acheter une voiture. Il se réjouissait de la suite de sa carrière dans la santé et de pouvoir contribuer de manière encore plus significative que simplement poursuivre sa carrière. J’ai l’impression que toute sa vie était devant lui et qu’il ne faisait qu’en quelque sorte commencer."

La mort de Pretti a ravivé les manifestations à Minneapolis et les critiques contre les méthodes des services fédéraux de l’immigration. Des responsables de l’État, dont le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, ont réclamé une enquête indépendante. Il s’agit de la deuxième fusillade mortelle impliquant des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis en quelques semaines.

Le 7 janvier, Renee Nicole Good, citoyenne américaine et mère de trois enfants, a été abattue par un agent de l’ICE lors d’opérations de contrôle dans la ville, déclenchant l’indignation et des manifestations à l’échelle nationale. Alors que le Minnesota encaisse le choc de ces deux homicides successifs, les tensions ont explosé à Minneapolis, donnant lieu à de vastes rassemblements et à une vive indignation publique face au comportement des agents fédéraux.

 

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