Alex Roca Campillo est le premier athlète handicapé à 75 % à terminer un marathon
Certaines histoires vous touchent non pas parce qu'elles sont émouvantes, mais parce qu'elles sont réelles. "Tu ne peux pas faire ça" ou "ce n'est pas pour tout le monde", ces phrases, trop souvent entendues, Àlex Roca Campillo vient de les balayer d'un revers de main.
Àlex Roca Campillo est né à Barcelone en 1991. À l'âge de six mois, il contracte une encéphalite herpétique virale qui provoque une paralysie cérébrale permanente. La mobilité du côté gauche de son corps est alors fortement réduite, son élocution est affectée et la communication se fait principalement par le biais de la langue des signes. Son handicap est officiellement reconnu à 76 %. Un chiffre qui pèse lourd sur le papier mais qui, dans la vie, la vraie, ne veut rien dire.
Àlex ne parle pas de son handicap comme d'une tragédie ou d'un insigne d'honneur. Il le raconte tel qu'il est : un état avec lequel il faut apprendre à composer au quotidien. Sans rhétorique. Sans héroïsme. Avec une détermination tranquille, très semblable à celle de quelqu'un qui décide simplement d'essayer.
Le marathon de Barcelone
Le 19 mars 2023, lors du marathon de Barcelone, un événement insolite se produit, que personne ne peut ignorer : Àlex Roca Campillo franchit la ligne d'arrivée après 42,195 kilomètres, avec un temps de 5 heures, 50 minutes et 51 secondes.
Il ne s'agit pas d'un "simple" marathon. C'est la première fois qu'une personne handicapée à 76 % termine officiellement une course sur cette distance. Cet exploit, la foule le ressent immédiatement. Les applaudissements ne sont pas des applaudissements polis. Ils sont longs, sincères, presque nécessaires.
Les images de son arrivée font le tour du monde. Et elles deviennent virales, non pas parce qu'elles montrent l'exploit d'un super-héros, mais parce qu'elles mettent à mal une phrase que nous utilisons bien trop souvent : "Je ne peux pas faire ça".
Ceux qui pensent que Barcelone était une exception se trompent. En 2019, Àlex avait déjà participé - et franchi la ligne d'arrivée - au Titan Desert, l'une des courses cyclistes les plus difficiles au monde, dans la chaleur, le sable et les montagnes du Sahara marocain. Là aussi, il a été le premier athlète atteint d'une infirmité motrice cérébrale à y parvenir.
Au fil des ans, il a couru des semi-marathons, participé à des triathlons et à des courses d'endurance. Toujours avec la même approche : une préparation adaptée, une équipe solide et une conscience claire de ses limites physiques.
Au-delà du sport
Aujourd'hui, Àlex Roca Campillo est aussi un orateur, un auteur, un homme qui a choisi de s'exprimer publiquement.
Dans son livre El límite te lo pones tú, il raconte son parcours sans filtre, avec une simplicité désarmante. Il est également ambassadeur de la Fondation FC Barcelona, un rôle qui lui permet de travailler sur l'inclusion, l'accessibilité et le sport en tant qu'outil de croissance.
Il intervient dans les écoles, dans les entreprises, lors d'événements. Non pas pour "motiver", mais pour partager. Et c'est peut-être justement pour cela que ça marche : il ne parle pas d'en haut, mais à côté de vous.
L'histoire d'Àlex Roca Campillo est intéressante parce qu'elle met en lumière de nombreuses excuses quotidiennes. Elle remet en question l'idée que certaines limites sont objectives et définitives.
(©alexroca91 via GreenMe.it 2026/Managing Editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : ©Ankit Karnany via Unsplash)
