The Press Junction.
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12 mai 2026

Aux États-Unis, les interdictions d’avortement ont augmenté le risque de décès chez les femmes enceintes

©Unsplash

La grossesse est plus mortelle que l’avortement et, selon les chercheurs, les nouvelles interdictions entrées en vigueur aux États-Unis mettent davantage de femmes en danger.

Selon de nouvelles recherches, mettant en évidence le taux de mortalité très élevé de la grossesse par rapport à l’avortement, les interdictions d’IVG aux États-Unis augmentent les risques pour la santé des femmes enceintes.

Les chercheurs qui ont analysé les données nationales sur la naissance et la mortalité affirment que les femmes ayant des grossesses à haut risque sont désormais plus susceptibles de les mener à terme faute d’accès aux soins liés à l’avortement dans de nombreux États, ce qui les expose à un risque accru de décès pendant ou après l’accouchement.

A ce jour, l’étude fournit l’une des évaluations les plus claires de la façon dont les restrictions au niveau de l’État, introduites après la chute de l’arrêt Roe c. Wade, ont augmenté le risque médical auquel sont confrontées les femmes enceintes. Selon les données analysées, les décès liés à la grossesse aux États-Unis surviennent à des taux des dizaines de fois plus élevés que les décès liés à l’avortement, et l’écart s’est considérablement creusé ces dernières années.

L’objectif de la recherche était de mettre à jour le rapport entre la mortalité liée à l’avortement et celle liée à la grossesse à l’aide des données de 2018 à 2021, reflétant ainsi une meilleure détection des décès maternels et des procédures d’avortement beaucoup plus sûres et sécurisées qu’auparavant.

Dans leur étude, les chercheurs ont mené une analyse transversale en reprenant toutes les naissances (nés vivants et morts-nés) et les décès liés à la grossesse enregistrés par le  National Vital Statistics System.

(...)L’analyse a été réalisée entre février et octobre 2025.

Au cours de la période de quatre ans, entre 2021 et 2025, il y a eu 14 902 571 naissances et 3 6621580 avortements à l’échelle nationale. Après avoir éliminé les causes non spécifiques de décès et la mortalité liée à la COVID-19, les chercheurs ont identifié 3065 décès liés à la grossesse et 17 décès liés à l’avortement. (...)

En utilisant ces données, les chercheurs ont calculé les ratios de mortalité pour 100 000 naissances et pour 100 000 avortements. Le  ratio moyen de mortalité grossess/avortement était de 69,6, avec une variation pouvant aller de 52,9 à 105,2. 

Lorsque les décès non spécifiques liés à la grossesse étaient exclus, le ratio est tombé à 52,9. Après avoir aussi exclu les décès dus à la COVID-19, le ratio était de 44,3. Ces ratios sont au moins trois fois plus élevés que l’estimation précédente de 14,7, qui était basée sur les données de 1998 à 2005.

Selon les chercheurs, cette augmentation significative reflète un suivi plus complet de la mortalité maternelle et les améliorations continues en termes de sécurité lors de l’avortement, ce qui rend la grossesse comparativement plus dangereuse. 

L’étude démontre que, depuis la décision de 2022 dans l’affaire Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, davantage de femmes poursuivent des grossesses qu’elles auraient auparavant terminées en raison de complications médicales. 

Treize États appliquent actuellement des interdictions totales d’avortement. Vingt-huit États restreignent l’accès à l’IVG en fonction de la durée gestationnelle, dont sept interdisent l’avortement à 18 semaines de grossesse (ou avant) et 21 interdisent la procédure à différents stades, après 18 semaines. 

Reference

Steenland, M. W., Mercon, K., Brown, B. P., & Thoma, M. E. (2026). Pregnancy- and Abortion-Related Mortality in the US, 2018-2021. JAMA Network Open. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2025.54793

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