The Press Junction.
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12 mai 2026

L'OMS veut une augmentation des taxes pour l'alcool, le sucre et le tabac

©Andres Siimon via Unsplash

L'Organisation mondiale de la santé ne cesse d'insister sur un point que nous ne connaissons que trop bien, mais qui est encore ignoré par de nombreux gouvernements : la nécessité de prendre des mesures pour décourager la consommation d'alcool, de boissons sucrées et de tabac. Comment ? Un outil efficace, qui pourrait prévenir des millions de maladies évitables et renforcer les systèmes de santé publique, pourrait être une augmentation significative des taxes sur ces produits.

Le directeur général de l'OMS a réitéré ce message le 2 février, lors de l'ouverture de la 158e session du conseil exécutif, en rappelant la nécessité d'augmenter les prix réels du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées d'au moins 50 % d'ici à 2035 grâce à des taxes sanitaires spécifiques.

Selon l'OMS, l'alcool, les boissons sucrées et le tabac sont encore trop bon marché dans de nombreux pays, en partie à cause de politiques fiscales faibles ou inexistantes. Dans certains cas, les prix ont même baissé au fil du temps, rendant ces produits de plus en plus accessibles, notamment aux jeunes.

Selon les experts, il en résulte une augmentation de l'incidence du diabète de type 2, de l'obésité et du surpoids, des maladies cardiovasculaires et des cancers. Des maladies non transmissibles qui représentent aujourd'hui plus de 75 % des décès dans le monde et qui pèsent encore plus sur des systèmes de santé déjà sous pression.

Sur ce point, l'OMS est claire : des taxes plus élevées réduisent la consommation. Il ne s'agit pas d'une hypothèse idéologique, mais d'une conclusion fondée sur des décennies de preuves scientifiques.

Des prix plus élevés réduisent l'achat de produits nocifs, dissuadent les jeunes de commencer à en consommer et génèrent des recettes publiques supplémentaires qui peuvent être réaffectées aux soins de santé, à la prévention et aux services sociaux (même si cela ne se fait pas toujours automatiquement).

C'est précisément pour cette raison que l'OMS préconise des taxes bien conçues qui tiennent compte de l'inflation et ne s'érodent pas progressivement.

L'OMS estime qu'une augmentation unique de 50 % des prix du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées pourrait éviter jusqu'à 50 millions de décès prématurés au cours des 50 prochaines années et contribuer à lever jusqu'à 1 000 milliards de dollars pour la santé publique et le développement.

L'OMS cite également des exemples concrets : d'ici 2025, des pays comme la Malaisie, Maurice, la Slovaquie, le Sri Lanka et le Viêt Nam auront introduit ou augmenté ces taxes ; d'ici début 2026, l'Inde aura introduit une nouvelle taxe d'accises sur le tabac et l'Arabie saoudite une taxe progressive sur les boissons sucrées.

Le message de l'Organisation mondiale de la santé est clair : intervenir sur les prix est un choix politique, pas seulement une mesure technique. Les maladies liées au tabac, à l'alcool et aux boissons sucrées ne sont pas une fatalité. Les réduire rapidement est possible et, selon l'OMS, les taxes sanitaires restent le moyen le plus efficace et le plus immédiat d'y parvenir.

 

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