The Press Junction.
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12 mai 2026

Boycott anti-américain au Danemark : Coca-Cola, Amazon ou Netflix dans le viseur

©PA

Depuis que Donald Trump a déclaré vouloir prendre le contrôle du Groenland (qu'on le veuille ou non, ce sont ses mots exacts), territoire autonome du Danemark dans l'Arctique, la réaction du pays scandinave ne s'est pas fait attendre et la gravité de la situation a été telle que la commission des affaires étrangères danoise a convoqué une réunion d'urgence.

TV2 Kosmopol, une chaîne de télévision danoise, a recueilli les réactions de la population. Le sentiment général est celui de ceux qui se sentent menacés par un voisin autoritaire qui veut imposer son propre agenda. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : un sondage révèle que 40 % des Danois considèrent même qu'un scénario d'invasion militaire est possible.

C’est ainsi qu’est né le groupe Facebook 'Boykot varer fra USA' (Boycott des produits américains) qui a dépassé les100 000 membres dès son lancement et continue de croître à un rythme impressionnant : c’est devenu un phénomène spontané qui transforme l'indignation en action concrète et qui démontre que les réseaux sociaux peuvent devenir un puissant outil de mobilisation civile.

Bo Albertus, fondateur de l'initiative, a résumé la philosophie du mouvement au radiodiffuseur danois avec des mots qui sonnent comme un manifeste : "Il n'est pas très difficile de boycotter. Tout a un impact - beaucoup de flux sont petits". C'est la théorie de la goutte qui, multipliée par des milliers, devient une rivière capable d'éroder même les montagnes les plus solides, en l'occurrence celles du capitalisme américain.

Albertus lui-même a donné l'exemple en renonçant aux vins américains, aux services de streaming américains et à une longue liste de produits alimentaires. Le paradoxe ? Il coordonne tout cela via Facebook, la plateforme américaine par excellence. Mais il s'agit d'une contradiction consciente, comme il l'admet lui-même : "Un mal nécessaire pour atteindre plus de gens". Parfois, cela semble presque inévitable, pour combattre le système, il faut utiliser les outils du système lui-même.

Dans le groupe Facebook, les citoyens danois échangent des conseils pratiques pour remplacer les marques américaines par des alternatives locales et européennes. La liste des marques dans le collimateur est longue et comprend, pour les boissons et les aliments : Coca-Cola, Heinz, les vins californiens et les noix, la sauce barbecue et les chips de marque américaine remplacées par des marques européennes.

Autre conséquence, les abonnements à Netflix, YouTube Premium et Amazon Prime sont annulés au profit de services danois et européens tels que TV 2 Play, Drtv et Viaplay.

Les autres secteurs touchés sont le tourisme et les investissements financiers, pas de vacances aux États-Unis bien sûr et une invitation à revoir ses portefeuilles d'actions également.

Selon un professeur d'économie et de gestion de l'université du Danemark du Sud interrogé par TV2 Kosmopol, l'impact de ce mouvement pourrait être tout sauf symbolique.

"Discuter des marques qui sont basées sur l'identité américaine réduit leur valeur", note l'expert, qui souligne que le coup le plus dur pourrait venir du secteur numérique : l'abandon massif des plateformes américaines aurait des conséquences économiques concrètes et mesurables.

Le boycott des produits "Made in USA" ne se limite pas au seul Danemark. Au Canada, autre pays concerné par les positions de Trump, le mouvement a pris des contours encore plus structurés. Des applications dédiées telles que "Maple Scan", "Buy Canadian", "Is This Canadian ?" et "Shop Canadian'app" ont vu le jour, permettant aux consommateurs de scanner le code-barres des produits pour en vérifier l'origine, facilitant ainsi l'achat conscient de produits locaux.

 

 

 

 

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