The Press Junction.
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12 mai 2026

C'est le premier pays américain à avoir interdit la chasse sportive et la chasse aux trophées

©Unsplash

Le Costa Rica est le premier pays du continent américain à avoir interdit nationalement la chasse sportive et la chasse au trophée, supprimant ainsi toute base légale pour la mise à mort d'animaux sauvages à des fins récréatives. 

Une décision claire qui renforce l'image de cet État d'Amérique centrale comme laboratoire mondial pour les politiques environnementales et la protection de la biodiversité.

L'interdiction découle de la réforme de la Loi sur la conservation de la faune, approuvée en 2012 suite à une importante mobilisation politique et populaire. La mesure prévoit bien plus qu’imposer des restrictions : elle abolit la chasse récréative, n'autorisant que des exceptions très limitées pour la subsistance ou des activités scientifiques réglementées. En d'autres termes, la chasse cesse d'être un sport et devient une exception strictement contrôlée.

Sanctions et garanties 

En outre, la mesure introduit des sanctions concrètes. Quiconque enfreint l'interdiction peut être passible d'une amende allant jusqu'à 3 000 dollars ou de peines de prison. Mais le point central est l'étendue de la protection : ce n'est pas seulement la mise à mort des animaux qui est punie, mais aussi la possession, la capture, le commerce et le transport de la faune sauvage. Cette approche cible toute la chaîne du braconnage et du trafic illégal.

La biodiversité comme patrimoine national

La décision du Costa Rica n'est pas seulement symbolique. Bien qu'il ne représente qu'une infime fraction de la surface terrestre, le pays abrite environ 5 à 6 % de la biodiversité mondiale et protège plus d'un quart de son territoire grâce à des parcs nationaux, des réserves et des zones de conservation. La chasse sportive est donc, dans ce contexte, incompatible avec un modèle basé sur des écosystèmes intacts et une faune vivante.

Écotourisme et réputation internationale

La sauvegarde des animaux sauvages est également un choix économique. Le Costa Rica a bâti sa réputation mondiale sur l'écotourisme, attirant des visiteurs intéressés par les espèces rares, les forêts tropicales et les paysages protégés. Autoriser la chasse au trophée signifierait compromettre cet équilibre et entacher la réputation de l'un des secteurs les plus stratégiques du pays.

Le cas costaricien met en lumière une autre réalité : une interdiction seule ne suffit pas. Le braconnage et le trafic illégal peuvent persister sans contrôles et sanctions efficaces, ressources adéquates et système de surveillance de grande envergure. La loi est le point de départ, et non l'objectif final, d'une politique environnementale qui nécessite continuité et investissement.

Source : C.A.S.H. Committee To Abolish Sport Hunting

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