Les JO de Milan Cortina doivent faire face à des contradictions majeures
Il reste très peu de temps avant le début des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver Milan-Cortina 2026. Ils sont présentés comme "les plus durables de tous les temps", mais en réalité, il est clair que derrière ces promesses vertes se cache un système beaucoup plus complexe et inquiétant.
A moins d'une semaine de l'ouverture, de graves contradictions apparaissent sur l'impact environnemental, social et économique de l'événement. Greenpeace énumère une série de chiffres, à commencer par une étude de Scientists for Global Responsibility et du New Weather Institute, qui montre que les Jeux entraîneront une perte de 2,3 km² de la couverture neigeuse et une diminution de plus de 14 millions de tonnes de la glace des glaciers.
Ce qui est vraiment choquant, cependant, c'est que les émissions associées aux Jeux olympiques, largement alimentées par des entreprises telles qu'Eni, Stellantis et ITA Airways, seront potentiellement responsables d'un impact encore plus important. Si le parrainage de ces entreprises était supprimé, l'impact climatique des Jeux de Milan-Cortina pourrait être réduit de près de 60 %.
Par ailleurs, l'exploitation intensive de la nature pour construire des installations, des refuges et des chantiers en haute altitude a déjà des effets dévastateurs. À Cortina d'Ampezzo, la pétrification a entraîné de graves dommages à l'écosystème, avec la construction d'une télécabine dans une zone écologiquement sensible. Le sol lui-même s'est effondré sous la pression des activités de construction, suscitant l'inquiétude des organisations de défense de l'environnement. Pourtant, malgré la mobilisation des communautés locales, les excavateurs ont repris le travail et la zone se dégrade irrémédiablement.
Les promesses initiales d'un événement économiquement durable ont été abandonnées. En 2019, lorsque Milan-Cortina s'est portée candidate à l'organisation des Jeux, un budget de 1,36 milliard d'euros était prévu, avec la promesse qu'aucun argent public ne serait utilisé. Aujourd'hui, le budget total s'élève à plus de 5,4 milliards d'euros, dont une grande partie est couverte par des fonds publics. L'exemple le plus parlant est celui du village olympique de Porta Romana à Milan, dont le coût a augmenté de 40 millions d'euros, avec le risque supplémentaire de grever davantage les finances publiques.
En outre, une grande partie des infrastructures liées aux Jeux ne seront même pas prêtes pour l'ouverture : 57 % des projets prévus ne seront achevés qu'après le 6 février 2026, avec toutes les incertitudes et l'impact économique supplémentaire que cela implique pour les contribuables.
Le tableau des contradictions est complété par les liens de plus en plus évidents entre les JO et l'industrie de l'armement. Comme le rappelle Greenpeace, Leonardo, géant de l'armement accusé d'être complice du génocide de Gaza, est l'un des sponsors officiels de Milan-Cortina 2026. Cette alliance contraste fortement avec les principes de paix et d'amitié qui devraient caractériser tout événement olympique.
Ce n'est pas la seule préoccupation. Malgré la décision antérieure d'exclure les athlètes russes et bélarusses en raison de leurs liens avec la guerre en Ukraine, le Comité olympique a en fait confirmé la légitimité de la participation des athlètes israéliens, malgré les allégations internationales de crimes de guerre. La politique de parrainage et la sélection des athlètes participants soulèvent des questions quant à la capacité réelle des Jeux à véhiculer des valeurs telles que la paix et la solidarité.
En bref, à quelques jours du début des Jeux olympiques d'hiver de 2026, Milan-Cortina est confrontée à une longue liste de contradictions qu'il n'est plus possible d'ignorer. Les promesses d'un événement durable et inclusif ont été balayées par de nombreux mauvais choix, et le Comité international olympique devrait maintenant être mis au défi de libérer les Jeux des intérêts polluants et des motifs économiques qui étouffent leur propre essence.
(©GreenMe.it 2026/ Managing Editor : Gabriel Arnaud - The Press Junction/ Illustration : ©Unsplash)
