The Press Junction.
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12 mai 2026

Démissions en cascades dans le football italien

©PA

Le football italien tourne une page. Gabriele Gravina a présenté sa démission de la présidence de la Fédération italienne, clôturant un cycle entamé en 2018 et marqué par des pressions croissantes, culminant après le nouveau fiasco de la Nazionale italienne.  

L’annonce est tombée lors de la réunion extraordinaire au siège fédéral de Rome, en présence de toutes les composantes du monde du football. Dans le même temps, la date des élections fédérales a été fixée au 22 juin, jour où sera désigné le nouveau président.

La décision intervient après plusieurs jours de tensions consécutifs à la défaite qui a laissés l'Italie hors des prochains Mondiaux, un résultat qui a relancé le débat sur l’état du football italien. Gabriele Gravina, tout juste réélu en 2025 avec un consensus quasi unanime, a rapidement perdu le soutien de plusieurs composantes fédérales ainsi que d’une partie de l’opinion publique. Gianluigi Buffon, a aussi démissionné de son poste de directeur sportif.

Pendant son mandat, la Nazionale a connu des hauts et des bas très marqués : le triomphe à l’Euro 2021 reste le seul véritable sommet, tandis que le reste du parcours a été jalonné de changements de sélectionneur et de résultats décevants. Les polémiques récentes autour de sa formule sur les sportifs "amateurs" pour désigner ceux qui, de fait, ne jouent pas au football (en oubliant tous les vrais exploits accomplis par ces athlètes), ajoutées aux critiques venues aussi bien du monde politique que sportif, ont précipité une décision qui, il y a encore quelques jours, paraissait loin d’être acquise.

Avec le départ de Gravina, c’est désormais une course à la présidence de la FIGC qui s’ouvre, et elle s’annonce disputée. Parmi les noms les plus en vue figure celui de Giovanni Malagò, ancien président du Comité Olympique avec lequel il a fait bonne figure, soutenu en particulier par une partie de la Serie A. Sa candidature éventuelle représenterait un choix à très forte portée institutionnelle.

En alternative, l’hypothèse d’un retour de Giancarlo Abete, déjà président fédéral entre 2007 et 2014, gagne du terrain. Personnalité expérimentée et rompue aux arcanes fédérales, Abete est perçu comme une solution de continuité pour gérer une phase délicate.

Plus en retrait mais bien réelle, l’option Matteo Marani, actuel président de la Lega Pro, est également évoquée, certains le voyant comme un profil de renouveau. D’autres candidatures restent en toile de fond, mais la bataille semble devoir se jouer avant tout entre ces trois noms.

Jusqu’à l’élection du nouveau président, Gravina restera en fonction pour expédier les affaires courantes. Mais le temps presse : la nouvelle gouvernance devra s’attaquer d’emblée à des dossiers cruciaux comme les centres de formation et les secteurs jeunes, la réforme des championnats et le redressement de la Nazionale. Ces démissions marquent une ligne de fracture. Le football italien se retrouve désormais face à un choix décisif : miser sur l’expérience ou sur un changement radical. Le 22 juin, il ne s’agira pas seulement d’élire un président, mais de trancher la direction future de tout le mouvement.
 

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