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Plusieurs pays ont engagé des discussions avec l’Iran alors que le détroit d’Ormuz reste fermé et que les prix du pétrole et du gaz s’envolent.
La France et d’autres alliés européens ont entamé des discussions avec l’Iran pour sécuriser le passage par le détroit d’Ormuz, alors que la crise mondiale de l’approvisionnement en pétrole se poursuit, rapporte le Financial Times, citant trois responsables informés des échanges.
Deux de ces responsables ont mentionné la France parmi les pays participant à ces discussions, et l’un d’eux a indiqué que l’Italie tentait également de s’entretenir avec Téhéran sur ce dossier.
Les prix du pétrole sont devenus très volatils depuis le début de la guerre avec l’Iran, le trafic de fret étant quasiment à l’arrêt dans ce passage maritime étroit par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Les producteurs ont réduit leur production en conséquence et les prix n’ont cessé d’augmenter. L’Iran est soupçonné de faire grimper les cours afin de tenter de contraindre le président américain Donald Trump à mettre fin au conflit, auquel les alliés européens ont, jusqu’ici, largement évité de s’impliquer.
L’Iran a accordé des dérogations à certains pays non engagés dans les opérations conjointes américano-israéliennes, comme l’Inde, selon Reuters, qui a rapporté jeudi que les ministres des Affaires étrangères indien et iranien s’étaient entretenus à trois reprises ces derniers jours, des échanges centrés sur "des questions liées à la sécurité de la navigation et à la sécurité énergétique de l’Inde".
L’Iran est également en pourparlers avec le Bangladesh afin d’autoriser le passage par le détroit de navires battant son pavillon, en mettant en place un système d’avis préalable avant l’arrivée, ont rapporté des médias locaux plus tôt cette semaine.
Un pétrolier battant pavillon libérien transportant du brut saoudien a également franchi le détroit cette semaine, signe de la volonté de l’Iran de coopérer avec des acteurs neutres.
Malgré leurs réticences à s’impliquer dans le conflit, les inquiétudes de la France, de l’Italie et d’autres pays européens au sujet des prix du pétrole constituent probablement un facteur majeur dans leur démarche de négociation, mais rien ne garantit que l’Iran se montrera disposé à coopérer, au vu de leurs liens plus étroits avec les États-Unis.
L’Agence internationale de l’énergie a indiqué cette semaine que ses membres allaient puiser un volume record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques afin de soulager les tensions sur le marché. Certains économistes ont mis en garde contre le fait que cette mesure risquait d’avoir un effet limité sur la confiance des marchés.
Trump a déclaré plus tôt cette semaine qu’il prendrait des mesures pour résoudre le problème de l’approvisionnement en pétrole, mais il a affirmé vendredi que les États-Unis renonçaient, pour l’instant, à escorter les navires traversant le détroit.
Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a déclaré : "Comme le monde le constate, les Iraniens font preuve d’un pur désespoir dans le détroit d’Ormuz, une situation à laquelle nous sommes confrontés. Nous y faisons face depuis un moment et il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Nous suivons notre plan pour vaincre, détruire et neutraliser toutes leurs capacités militaires significatives à un rythme que le monde n’a encore jamais vu."
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