The Press Junction.
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12 mai 2026

Des pays prennent des mesures drastiques pour lutter contre la crise pétrolière

©Unsplash

Le conflit au Moyen-Orient a fait bondir le prix du baril de Brent de plus de 50 % depuis le début du mois de mars.

Partout dans le monde, les pays ont recours à diverses mesures pour réduire leur consommation de carburant, alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fait flamber les prix de l’énergie.

Mise en place de semaines de travail de quatre jours, réduction des déplacements, promotion des transports publics, voire fermeture d’écoles et d’universités : autant de mesures déjà appliquées par plusieurs pays qui tentent désespérément de freiner leur consommation de carburant, alors que le conflit au Moyen-Orient a provoqué une envolée des cours du pétrole.

L’Agence internationale de l’énergie a également accepté de mettre à disposition du marché 400 millions de barils de pétrole issus de ses réserves stratégiques pour compenser les perturbations. Elle a en outre appelé à une série d’autres mesures face à la crise, comme le développement du télétravail, la réduction des vitesses maximales sur autoroute et la limitation des déplacements en avion.

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes coordonnées contre l’Iran. En réaction, Téhéran a restreint le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, une voie de transit pétrolier cruciale à l’échelle mondiale par laquelle transitent habituellement environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Ces perturbations ont fait grimper le prix du Brent de plus de 50 % depuis le début du mois de mars, obligeant de nombreux pays à puiser dans leurs réserves, à réduire drastiquement leur consommation d’énergie et même à décréter des mesures d’urgence.

Pour les pays de l'Union Européenne, le commissaire européen à l’Énergie et au Logement, Dan Jorgensen, a déclaré le 1er avril que les citoyens de l’UE étaient invités à "travailler à domicile lorsque c’est possible, réduire la vitesse sur autoroute de 10 kilomètres par heure, favoriser les transports publics, instaurer une alternance de l’accès des voitures particulières… renforcer le covoiturage et adopter des pratiques de conduite économe".

Aux États-Unis, le prix de l’essence a dépassé les 4 dollars le gallon pour la première fois depuis plus de trois ans. Des experts avertissent également que le prix de l’eau en bouteille va bientôt augmenter, la crise pétrolière exerçant une forte pression sur l’industrie du plastique.

Plusieurs pays ont décidé de passer à la semaine de quatre jours pour économiser le carburant et de prendre des mesures.

Au Pakistan, le Premier ministre Shehbaz Sharif a présenté au début du mois un plan de réponse à la crise pétrolière mondiale prévoyant le passage à une semaine de travail de quatre jours, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Les écoles et les établissements d’enseignement supérieur du pays ont été fermés pendant deux semaines, et les cours universitaires se tiennent désormais en ligne.

Aux Philippines, le président Ferdinand R. Marcos Jr a ordonné l’application temporaire d’une semaine de travail de quatre jours dans certains services de l’exécutif à compter du 9 mars.

Le Sri Lanka  a décrété que chaque mercredi serait férié pour les institutions publiques —y compris les administrations, les écoles et les universités —afin d’économiser le carburant. Des restrictions sur la consommation d’énergie ont été imposées : les bureaux doivent maintenir la climatisation à 26 degrés Celsius (79 degrés Fahrenheit) et procéder chaque jour à une coupure d’une à deux heures.

Le Bangladesh a promu l’utilisation des transports en commun et instauré des plafonds d’approvisionnement en carburant pour les véhicules. Les universités publiques et privées ont été fermées.

Au Cambodge, les réunions des fonctionnaires ont été basculées en ligne.

En Égypte, une journée de télétravail par semaine a été instaurée pour le secteur public. Les responsables publics sont encouragés à limiter leurs déplacements, tandis que les autorités promeuvent les transports collectifs et appellent la population à économiser le carburant. La capitale administrative est fermée à partir de 18 heures, les éclairages et les appareils électriques sont coupés, et les commerces doivent fermer à 21 heures en semaine et à 22 heures le week-end.

L'Indonésie  a introduit le télétravail le vendredi pour les fonctionnaires, et il a été demandé aux responsables publics de limiter leurs déplacements.

En Birmanie, les responsables publics télé-travaillent désormais le mercredi.

En Thaïlande, la visioconférence est encouragée et il est demandé aux responsables publics d’éviter les déplacements à l’étranger. Il est demandé aux agents publics d’emprunter les escaliers plutôt que les ascenseurs, et les bureaux sont encouragés à réduire l’usage de la climatisation.

Au Viêt Nam, les autorités recommandent aux citoyens de rester chez eux pour éviter les déplacements non essentiels, de privilégier le vélo, le covoiturage et les transports publics. Elles les incitent également à travailler depuis leur domicile.

Et maintenant ?

Les prix du pétrole devraient rester volatils, et vraisemblablement continuer à augmenter, tant que la sécurité du passage par le détroit d’Ormuz ne sera pas rétablie.
 

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