The Press Junction.
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12 mai 2026

Donald Trump ne veut pas seulement conquérir le Groenland, il veut aussi la Lune

©Niketh Vellanki via Unsplash

Le Groenland reste au premier plan des préoccupations de Donald Trump. Pas question ici d’un caprice diplomatique, mais de l’emblème d'une vision du pouvoir, axée sur l’expansion territoriale, le contrôle stratégique et tous les gestes destinés à laisser une empreinte. L'idée de "l'acheter" n'a jamais vraiment disparu de l’horizon politique du président américain.

Cette volonté d’achat semble avoir ouvert une trajectoire qui s'étend plus loin encore, au-delà même de l'atmosphère terrestre, jusqu'à la Lune.

Il ne s'agit pas d'une simple provocation. Juste avant Noël, Donald Trump a signé un décret engageant la NASA à renvoyer des astronautes américains sur notre satellite d'ici 2028, avant la fin de son éventuel second mandat. Une décision politique qui transforme l'exploration spatiale en une question d'héritage personnel.

De la glace arctique à la Lune

Le lien entre le Groenland et la Lune est moins fantaisiste qu'il n'y paraît. Tous deux représentent, en effet, des territoires hautement symboliques, des zones frontalières où convergent ambitions géopolitiques, technologie et récit du pouvoir. 

Philip Johnston, commentateur politique et chroniqueur pour le Daily Telegraph, indique que les manœuvres politiques les plus bruyantes semblent bien fragiles lorsqu'elles sont comparées aux pyramides de Gizeh. (...) ces monuments racontent toujours la même histoire d'obsession : la volonté de laisser une trace qui survive au temps.

(...) Aujourd'hui, la Lune joue un rôle similaire à celui des statues colossales de Ramsès II à Abou Simbel : elle répond non seulement à une logique pratique, mais aussi à une soif de grandeur.

Artemis, des milliards et des priorités sur Terre

Récemment, la fusée Space Launch System et la capsule Orion ont été acheminées vers la rampe de lancement du Centre spatial Kennedy. La mission Artemis II devrait décoller prochainement avec quatre astronautes à son bord pour une mise en orbite lunaire, sans atterrissage. Artemis III pourrait ramener des humains sur la surface lunaire dès l'année prochaine. D'autres missions sont prévues par la suite pour créer une base permanente, conçue comme un tremplin vers Mars.

Le Congrès américain a financé le programme grâce, notamment, au développement de lanceurs réutilisables, en intégrant les fonds dans la loi que Trump a rebaptisée "One Big Beautiful Bill Act". Avec, à la clé, une facture colossale : des milliards de dollars provenant des deniers publics.

Si le retour sur la Lune est présenté comme une avancée technologique, il reste avant tout un choix politique. Alors que des milliards de dollars sont projetés au-delà de l'orbite terrestre, ici sur Terre, des problèmes non résolus qui ne souffrent aucun retard subsistent, comme la crise climatique.

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