The Press Junction.
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12 mai 2026

Eau potable : l’Europe ouvre une procédure d’infraction contre l’Italie (c’est la deuxième)

©Phước Sang via Unsplash

La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction à l’encontre de l’Italie pour défaut de transposition correcte de la directive sur l’eau potable.

Il s’agit de la deuxième procédure d’infraction en l’espace de quatre mois concernant les politiques de l’eau. L’Italie se retrouve une nouvelle fois sous surveillance pour sa gestion des ressources hydriques.

La Commission européenne a lancé une nouvelle procédure d’infraction contre l’Italie pour la transposition "incomplète et incorrecte" de la directive actualisée sur l’eau potable, la directive UE 2020/2184.

La directive européenne sur l’eau potable, mise à jour en 2020, répondait à un objectif précis : garantir une eau plus sûre, mieux contrôlée et accessible à toutes et tous. Les États membres avaient jusqu’au 12 janvier 2023 pour se mettre en règle. L’Italie l’a fait formellement, mais, selon Bruxelles, elle l’a fait de travers.

Pourquoi l’Europe rappelle l’Italie à l’ordre

Plusieurs points critiques sont dans le viseur :

  • contrôles insuffisants sur les systèmes domestiques (les canalisations des bâtiments) ;
  • manque d’informations à destination des personnes les plus vulnérables sur l’accès à l’eau ;
  • absence de limites claires pour certaines substances nocives issues des pesticides ;
  • recours excessif aux dérogations et aux reports concernant les obligations prévues.

En somme, la réglementation existe, mais elle n’est pas appliquée de manière efficace et complète.

Microplastiques et perturbateurs endocriniens : les nouveaux risques

La révision de la directive n’est pas un simple détail technique : elle introduit pour la première fois une attention concrète aux “polluants émergents”. Il s’agit de substances telles que :

  • les microplastiques ;
  • les perturbateurs endocriniens ;
  • les résidus chimiques pas encore pleinement encadrés.

Des éléments susceptibles d’avoir des effets sur la santé humaine et sur l’environnement, qui nécessiteraient d’un suivi plus rigoureux et actualisé.

Et ce n’est pas un épisode isolé : dès le mois de janvier, l’Italie avait déjà fait l’objet d’une procédure pour mauvaise application de la directive-cadre sur l’eau, qui concerne la gestion globale des rivières, lacs et nappes phréatiques.

Dans ce cas précis, les points critiques portaient sur :

  • des autorisations de prélèvement non actualisées ;
  • des contrôles insuffisants ;
  • un risque de surexploitation des ressources hydriques.

Ce qu’il se passe maintenant

Le gouvernement dispose désormais de deux mois pour répondre à la Commission. Si les explications ne sont pas jugées suffisantes, la procédure suivra son cours :

  • émission d’un avis motivé de la part de l’UE ;
  • demande formelle de mise en conformité ;
  • recours éventuel devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Avec, à la clé, un risque de sanctions financières.

Pourquoi cela nous concerne toutes et tous

Parce qu’il est ici question de :

  • la qualité de l’eau que nous buvons chaque jour ;
  • la protection de la santé publique ;
  • la préservation des écosystèmes ;
  • la gestion durable d’une ressource de plus en plus rare.

Dans un contexte marqué par la crise climatique, la sécheresse et la surconsommation, l’eau devient un enjeu central – et les règles européennes sont précisément là pour éviter qu’elle ne soit gérée de manière inefficace ou risquée.

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