Le Japon privé de pandas pour la première fois depuis 50 ans
Les deux pandas géants Xiao Xiao et Lei Lei ont quitté officiellement le zoo d'Ueno à Tokyo pour retourner en Chine. Dans les jours qui ont précédé leur départ, des milliers de visiteurs ont afflué dans le parc pour les saluer une dernière fois, transformant l'événement en une sorte de petit rituel collectif. L'afflux a été tel que le zoo a dû instaurer des horaires d'entrée limités, avec des réservations obligatoires et de longs temps d'attente, les files d'attente pouvant atteindre trois heures.
Pour de nombreux Japonais, il ne s'agissait pas seulement de dire au revoir à deux animaux bien-aimés (qui ont malheureusement vécu en captivité et ne seront pas relâchés dans la nature), mais d'assister à la fin d'une époque : avec leur départ, le Japon sera privé de pandas pour la première fois depuis plus de 50 ans.
Xiao Xiao et Lei Lei sont nés à Tokyo en 2021, mais comme tous les pandas géants à l'étranger, ils n'appartiennent pas au pays qui les héberge. La Chine considère le panda comme un symbole national et reste propriétaire de chacun d'entre eux, même s'ils sont nés en dehors de ses frontières. Les animaux ne sont prêtés que dans le cadre d'accords de prêt temporaire, qui prévoient leur retour dans le pays d'origine après un certain nombre d'années.
Les parents des deux oursons, Shin Shin et Ri Ri, étaient déjà rentrés en Chine en 2024, tout comme leur sœur aînée Xiang Xiang. Leur départ s'inscrit donc dans une logique déjà établie, mais prend un poids particulier dans le contexte politique actuel. En effet, le cas d'Ueno met à nouveau en lumière la "pandadiplomatie", une stratégie utilisée par Pékin depuis des décennies.
Les pandas ne sont jamais donnés mais prêtés comme ambassadeurs de bonne volonté, dans le cadre d'accords mêlant diplomatie, coopération scientifique et protection des espèces. Héberger un panda, c'est entretenir des relations solides avec la Chine, tandis que ne pas renouveler un accord de prêt peut être le signe d'un refroidissement des relations.
Ce n'est donc pas un hasard si le départ des derniers pandas du Japon intervient dans une période de tensions diplomatiques entre Tokyo et Pékin. Des situations similaires se sont produites par le passé dans d'autres villes japonaises, où le retour des animaux a eu un impact direct sur le tourisme local.
Le Japon n'est pas le seul pays concerné par ces échanges. Aujourd'hui, des pandas géants chinois vivent dans différents zoos à travers le monde, notamment en Europe et en Asie. De l'Allemagne à l'Espagne, de la Belgique à l'Autriche, et jusqu'à Singapour et la Russie, leur présence symbolise des relations bilatérales toujours actives avec Pékin. Tous ces animaux, malheureusement, au lieu de vivre librement dans leurs habitats naturels, sont enfermés en captivité dans des zoos et, comme nous venons de le voir, traités comme des attractions touristiques.
(©GreenMe.it 2026 / Managing Editor : Lisa Martin - The Press Junction / Picture : Unsplash)
