The Press Junction.
The Press Junction.
12 mai 2026

JO 2026: l'Ukraine réagit à l’exclusion d'un athlète en raison de son hommage aux victimes de guerre

©picture alliance / BILDBYRÅN | JON OLAV NESVOLD

C’est décidé, l'Ukraine fera appel de la disqualification de l’un de ses athlètes des Jeux Olympiques d'hiver. Le casque de ce dernier, rendant hommage aux athlètes de son pays tués par l'invasion à grande échelle de la Russie, enfreint les règles des Jeux.

Le Comité International Olympique (CIO) a annoncé que le coureur de skeleton Vladyslav Heraskevych serait interdit de compétition avant sa première course, en raison du casque personnalisé qu’il portait, représentant des athlètes et des entraîneurs tués durant la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie. 

De son côté, le ministre ukrainien de la Jeunesse et des Sports, Matvii Bidnyi, a déclaré dans un communiqué qu'il contesterait la disqualification. “Cette décision semble être une erreur qu'ils n'ont pas réussi à corriger. Nous allons rectifier cette erreur dans le cadre juridique. Cette histoire va certainement se poursuivre”

Le skeletoneur ukainien portait le casque lors de ses entraînements et a été informé par le CIO qu'il ne respectait pas la charte olympique. Le CIO a déclaré que la décision avait été prise par la Fédération Internationale de Bobsleigh et de Skeleton (IBSF). “Le Comité International Olympique (CIO) a donc décidé avec regret de retirer son accréditation pour les Jeux de Milano Cortina 2026”

Bien que Vladyslav Heraskevych voulait concourir, il a indiqué qu’il ne regrettait pas sa position, affirmant à la chaîne Suspilne Sport“il y a des choses bien plus importantes que des médailles, et aujourd'hui je me suis levé pour ce en quoi je crois.”

Dans un communiqué, le CIO a déclaré que Heraskevych avait eu l’occasion de rencontrer la présidente du Comité, Kirsty Coventry, mais qu'il avait refusé tout compromis. Il avait été autorisé à afficher son casque lors des entraînements et il aurait pu l'afficher après la compétition dans la zone mixte. “L'essence de cette affaire ne concerne pas le message, mais l'endroit où il souhaitait l'exprimer”. 

Des directives pas assez claires ?

Toujours selon le CIO, les directives sur l'"expression des athlètes", qui ont été élaborées en 2023 et qui font partie du droit olympique, ont été enfreintes. Elles stipulent que le sport aux JO est “neutre et doit être séparé de toute interférence politique, religieuse ou de tout autre type.”

Vladyslav Heraskevych a confié à la BBC que le concept de "directives d'expression" était "un terme très vaste", et d’ajouter : “qu'est-ce que vous considérez comme une expression ?”. Il souligne, par ailleurs, que de nombreux athlètes portaient des casques de différentes couleurs.

Plusieurs responsables ukrainiens ont exprimé leur soutien à Heraskevych. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lui a d’ailleurs décerné l'Ordre de la Liberté et a remercié l'athlète pour sa "position claire", ajoutant que la Russie violait systématiquement les principes olympiques. “Le sport ne devrait pas signifier amnésie, et le mouvement olympique devrait aider à arrêter les guerres, et non jouer en faveur des agresseurs”, a ajouté Zelensky.

Le CIO a interdit à la Russie et à la Biélorussie de concourir en tant que délégations nationales en réponse à l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022 et au rôle de la Biélorussie dans le soutien à ces attaques.

Partager: