La confiance en Donald Trump érodée depuis la fusillade de Minneapolis?
Renee Nicole Good, 37 ans, citoyenne américaine, a été abattue par un agent de l’ICE, plus tard identifié comme Jonathan Ross, le 7 janvier dernier. Mais l’indice d’approbation du président Donald Trump (approbation rate) est resté globalement stable depuis l'incident mortel de Minneapolis.
Renée Good, 37 ans, citoyenne américaine, a été abattue par un agent de l’ICE, plus tard identifié comme Jonathan Ross, après que des agents lui ont demandé de sortir du véhicule dans lequel elle se trouvait et qu’elle a tenté de quitter les lieux en voiture. L’administration Trump a défendu l’agent : la secrétaire à la Sécurité intérieure (DHS), Kristi Noem, a affirmé que Renée Good avait "tenté d’écraser un agent des forces de l’ordre" avant d’être abattue. Mais des voix critiques ont condamné la fusillade : le maire de la ville, Jacob Frey, a qualifié cet acte d’" irresponsable" et des manifestations se poursuivaient à Minneapolis, une semaine après sa mort.
Certains sondages montrent que l’indice d’approbation de Donald Trump (l'équivalent de la cote de confiance en France, ndlt) a légèrement reculé depuis les faits, d’autres enquêtes mettent en évidence qu’il s’est légèrement amélioré. Difficile donc de mesurer la réaction de l’opinion publique face à ce drame.
Ce qu’il faut savoir
Certains sondages indiquent un léger recul de l’indice d’approbation de Trump après la fusillade de Minneapolis. Selon Rasmussen Reports, un institut de sondage accusé de pencher en faveur des candidats républicains, mais qui se dit indépendant, Trump affichait un solde d’approbation net de –14 points de pourcentage le 13 janvier. C’est une légère baisse par rapport au 7 janvier, jour où Good a été abattue, lorsqu’il se situait à –13 points.
La moyenne nationale établie par Decision Desk HQ le 14 janvier indiquait que 53,7 % des personnes désapprouvaient Trump et 42,8 % l’approuvaient, soit un solde net de –10,9 points.
Il s’agit d’un léger recul par rapport à leur moyenne nationale du 6 janvier, qui donnait à Trump un solde net de –10 points, avec 43,2 % d’opinions favorables et 53,3 % de défavorables.
Decision Desk HQ agrège quelque 735 sondages pour fournir une moyenne quotidienne de l’indice d’approbation de Trump.
Parallèlement, un sondage Morning Consult réalisé entre les 9 et 12 janvier donne un solde net de –8 points pour Donald Trump: 45 % déclaraient l’approuver et 53 % le désapprouver.
Leur précédent sondage, publié le 5 janvier, montrait que 46 % approuvaient Trump et 51 % le désapprouvaient, ce qui lui donnait un solde net légèrement meilleur de –5 points.
Un autre sondage suggère que l’indice d’approbation de Trump s’est au contraire amélioré. Ce sondage mené auprès de 1 602 adultes par The Economist/YouGov indique que 40 % des personnes approuvent Trump et 54 % le désapprouvent, soit un solde net de –14 points. Le sondage a été réalisé entre les 9 et 12 janvier, dans les jours qui ont suivi la fusillade impliquant l’ICE.
C’est une légère amélioration par rapport à leur précédent sondage, mené entre les 2 et 5 janvier, lorsque 39 % disaient approuver Trump et 56 % le désapprouver, pour un solde net de –17 points.
Enfin, un tout récent sondage de The Economist/YouGov montre également qu’il y a eu une réaction négative du public à la mort de Renée Good, même si cela ne semble pas avoir affecté directement Donald Trump. Les sondeurs ont demandé aux personnes interrogées si elles pensaient que la fusillade de Minneapolis était justifiée ou non. Si 30 % ont répondu que oui, une majorité — 50 % — a estimé qu’elle n’était pas justifiée. Par ailleurs, 47 % ont déclaré que l’ICE les met moins en sécurité, contre 34 % qui estiment que l’agence met les Américains plus en sécurité.
Ce que disent les protagonistes
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, a déclaré auparavant à Newsweek par e-mail : "Le président Trump a été massivement élu par près de 80 millions d’Américains pour mettre en oeuvre son programme populaire et de bon sens. Le président a déjà accompli des progrès historiques non seulement en Amérique, mais dans le monde entier. Il n’est pas surprenant que le président Trump demeure la figure dominante de la politique américaine."
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré dans un communiqué officiel : "Des agents de l’ICE menaient une opération de contrôle, ils se sont retrouvés coincés dans la neige en raison des mauvaises conditions météorologiques… Ils essayaient de dégager leur véhicule et une femme les a attaqués… et a tenté de les écraser et de les percuter avec son véhicule. Un agent… a agi rapidement et a tiré de manière défensive pour se protéger et protéger les personnes autour de lui. À ma connaissance, elle a été touchée et est décédée. Ces attaques à la voiture-bélier sont des actes de terrorisme intérieur."
Ilhan Omar, élue démocrate du Minnesota, a écrit mercredi dernier sur X : "Les agissements de l’ICE aujourd’hui sont impardonnables et condamnables. Je suis plus qu’indignée que leurs actions irresponsables et insensibles aient conduit à la mort d’une observatrice légale à Minneapolis. J’ai le coeur brisé pour la famille de la victime, qui devra vivre à jamais avec la douleur causée par les actions irresponsables et meurtrières de l’administration Trump. Cette administration a montré, une fois encore, qu’elle ne se soucie pas de la sécurité des citoyens du Minnesota."
Evoquant Renée Good mardi lors du journal télévisé du soir de CBS, Evening News, le président Donald Trump a déclaré: "Je parierais que, dans des circonstances normales, c’était une personne très respectable, formidable, mais ses actes ont été assez rudes."
Et maintenant ?
Le Minnesota a intenté une action en justice contre l’administration Trump pour bloquer l’utilisation d’agents de l’immigration dans l’État après que le DHS (Département de la Sécurité Intérieure des États-Unis, un ministère fédéral créé après le 11 septembre pour coordonner la sécurité nationale) a déployé des effectifs supplémentaires à Minneapolis. Le FBI, lui, enquête sur la fusillade.
Note de la traduction:
Le "approval rating", ou taux d’approbation en français, est un indicateur mesurant le niveau de soutien populaire envers une personnalité politique, en particulier le Président des États-Unis.
Il représente le pourcentage d’Américains qui approuvent la manière dont une personnalité politique (souvent le président) gère son travail. C’est une donnée issue de sondages d’opinion réalisés régulièrement par des instituts comme Gallup, Pew Research Center, ou YouGov.
Une question typique est posée à un échantillon représentatif de citoyens :
“Do you approve or disapprove of the way [le nom du président] is handling his job as President?”
(Approuvez-vous ou désapprouvez-vous la manière dont [nom] gère son rôle de président ?)
Les réponses sont ensuite agrégées pour obtenir :
- Approval (approbation) — ceux qui soutiennent le président.
- Disapproval (désapprobation) — ceux qui s’y opposent.
- No opinion (sans opinion) — parfois inclus comme catégorie séparée.
(©Newsweek 2026 / Managing Editor : Victor Servier - The Press Junction/Pic : Picture Alliance / Anadolu | Mostafa Bassim)
