The Press Junction.
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12 mai 2026

La loi sur les glaciers progresse en Argentine : le gouvernement Milei ouvre la voie aux mines dans les zones protégées

©Florian Delée via Unsplash

L’Argentine a donné son feu vert à la réforme de la loi sur les glaciers, une mesure voulue par le président ultralibéral Javier Milei. Concrètement, celle-ci autorise l’activité minière dans des zones écologiquement sensibles, comme les glaciers ou le permafrost.

Avec 137 voix pour, 111 contre et trois abstentions, la Chambre des députés a approuvé l’amendement modifiant la loi déjà adoptée par le Sénat en février dernier. Cette réforme ouvre la voie à l’extraction de métaux stratégiques comme le cuivre, le lithium et l’argent dans les zones les plus fragiles de la cordillère des Andes, où les glaciers, essentiels à l’approvisionnement en eau, sont de plus en plus menacés par le changement climatique et les activités industrielles.

Un processus qui, sans surprise, a suscité de vives réactions chez les écologistes, qui dénoncent le risque de mise en péril de précieuses ressources en eau du pays. S’en est suivie une série de manifestations massives devant le Parlement de Buenos Aires. “L’eau vaut plus que l’or !” et “Un glacier détruit ne se répare pas !” figuraient parmi les principaux slogans. Des protestations marquées, toutefois, par des affrontements avec la police, qui a arrêté plusieurs militants de Greenpeace.

De son côté, Javier Milei continue de justifier la réforme comme une étape nécessaire pour attirer les investissements dans le secteur minier et renforcer l’économie, notamment dans un pays riche en lithium, élément fondamental pour l’industrie technologique et les énergies renouvelables. Il n’a pas hésité non plus à répondre aux écologistes, les accusant de préférer voir l’Argentine "rester dans la misère" plutôt que de permettre l’exploitation de ses ressources naturelles.

Quoi qu’il en soit, l’amendement à la loi sur les glaciers a été accueilli avec inquiétude par les experts, qui voient dans cette réforme une menace pour la préservation des ressources en eau, dont dépendent 70 % des Argentins. Le nouveau texte confère aux différentes provinces une plus grande autonomie dans la gestion des zones protégées et leur permet de déterminer quelles zones peuvent être exploitées à des fins économiques et minières.

Le président de l’Association des avocats spécialisés en droit de l’environnement d’ArgentineEnrique Viale, a souligné que cette modification menace la sécurité hydrique du pays en compromettant des ressources essentielles pour les générations futures. Non seulement les glaciers, dont la surface a déjà diminué de 17 % au cours des dix dernières années en raison du changement climatique, sont désormais davantage menacés par l’expansion des activités minières. Ce qui inquiète, ce n’est pas seulement l’extraction en soi, mais aussi les conséquences à long terme pour la biodiversité et le paysage, déjà fortement mis à mal par la pollution et la raréfaction croissante de l’eau.

Malgré une vive opposition, la loi a reçu un large soutien de la part des gouverneurs des provinces du Nord, où le secteur minier est particulièrement développé, comme Mendoza, San Juan, Catamarca et Salta, qui voient dans l’industrie extractive un moyen de stimuler le développement économique.

Source : The Guardian

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