Les récents pourparlers organisés par les États-Unis à Abou Dhabi n'ont pas permis de combler le fossé sur la question territoriale, Kiev refusant de reculer dans le Donbass.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que les États-Unis avaient fixé une nouvelle échéance en juin, une date butoir pour que Kiev et Moscou parviennent à un accord mettant fin à une guerre de près de quatre ans.
Ce nouveau calendrier intervient alors que des responsables américains signalent que les conditions sont, selon eux, de plus en plus favorables à une avancée majeure – du moins du point de vue de Washington.
"Les Américains proposent que les parties mettent fin à la guerre d'ici le début de cet été et exerceront probablement des pressions sur elles, précisément selon ce calendrier", a déclaré le dirigeant ukrainien.
Un déclaration qui fait suite aux récentes discussions organisées par les États-Unis à Abou Dhabi, où les négociateurs n'ont pas réussi à combler le fossé fondamental sur la question territoriale : la Russie insiste pour que l'Ukraine se retire du Donbass, une exigence que Kiev affirme ne jamais accepter. (...)
Comme le renseigne Politico, l'administration Trump considère que l'Ukraine traverse un moment politiquement vulnérable, Volodymyr Zelensky faisant face à de fortes pressions intérieures, combinées à un scandale de corruption au sein de son gouvernement (bien qu'il ne soit personnellement pas accusé).
Les conditions
Selon certains responsables à Washington, Kiev pourrait n'avoir d'autre choix que de s'engager dans un accord, même si les conditions sont défavorables. Ils ont d’ailleurs déclaré à Politico que l'administration s'attendait à ce que l'Ukraine "accepte l'accord", au risque d’une détérioration du soutien militaire et du renseignement américain.
Le plan américain en discussion exigerait que l'Ukraine fasse des concessions majeures, y compris celles de céder d'importantes portions de territoire et de restreindre la taille de son armée. Il interdirait également toute future adhésion à l'OTAN et officialiserait le contrôle russe sur des régions incluant la Crimée, le Donbass, et des parties de Kherson et de Zaporijjia.
En échange, l'Ukraine recevrait des assurances de sécurité, des fonds de reconstruction et la possibilité d'ouvrir des négociations formelles en vue d'une adhésion à l'Union européenne.
Le président russe Vladimir Poutine a manifesté son ouverture face au plan américain, la présentant comme une base potentielle pour un règlement final – bien que des responsables ukrainiens et des analystes occidentaux soutiennent qu'il calque les principales exigences de la Russie.
L’Ukraine veut préserver la dignité nationale
Selon des experts de Chatham House, ce plan est "une demande de capitulation", notant qu'il condense les objectifs stratégiques russes en une proposition présentée comme une initiative américaine.
Le dirigeant ukrainien, dans ses déclarations publiques, a rejeté l'idée que l'Ukraine doive accepter des conditions qui compromettent sa souveraineté.
Il a averti que le pays faisait face à "l'un des moments les plus difficiles" de son histoire moderne alors qu'il souhaite trouver le moyen de préserver la dignité nationale tout en gérant la pression de son allié le plus important. Et de souligner que l'Ukraine s'engageait à participer aux pourparlers mais continuerait à défendre ses intérêts, promettant de proposer des alternatives et de maintenir une coordination étroite avec les États-Unis et les partenaires européens.
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Washington mettant en lumière l'urgence de la situation, motivée en partie par l'approche des élections de mi-mandat américaines, les négociateurs devraient se réunir à nouveau sous peu, bien que des obstacles majeurs subsistent.
Le territoire reste le principal point de blocage, et ni Kiev ni Moscou n'ont montré leur volonté de faire les compromis que les responsables américains estiment nécessaires pour un accord rapide.
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