The Press Junction.
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12 mai 2026

La plus grande paralysie du trafic aérien depuis le Covid

©Unsplash

Plus de 5 000 vols annulés en un peu plus de vingt-quatre heures, des milliers d’avions déroutés, des hubs désertés. Après les attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et la riposte de Téhéran, le transport aérien mondial subit sa plus grave interruption depuis la pandémie de Covid. 

Et ce n’est pas seulement le Moyen-Orient qui est touché : l’onde de choc s’étend à l’Europe, la zone Asie-Pacifique et l’Amérique du Nord, transformant les liaisons intercontinentales en un véritable labyrinthe sans issue.

La fermeture simultanée des espaces aériens de l’Iran, de l’Irak, d’Israël, de la Syrie, du Koweït et des Émirats arabes unis a brisé les principaux axes Est-Ouest. Les "autoroutes du ciel" au-dessus du Golfe, cruciales pour relier l’Europe et l’Asie, ont soudainement disparu des écrans radar.

Le choc le plus dur concerne les plateformes de Dubaï et de Doha, parmi les plus fréquentées au monde pour les vols long-courriers. Samedi, près de 1 800 liaisons ont été annulées, tandis que dimanche les suppressions ont dépassé les 3 500 dans la région moyen-orientale. À l’échelle mondiale, plus de 19 000 vols ont enregistré des retards.

Des compagnies comme Emirates, Qatar Airways et Etihad se sont retrouvées avec des dizaines d’appareils gros-porteurs en vol alors que les espaces aériens fermaient les uns après les autres. Certains avions ont fait demi-tour après dix ou quinze heures de trajet, d’autres ont atterri sur des aéroports de report européens déjà saturés. Parkings saturés, carburant calculé au plus juste, équipages hors créneaux de service : la gestion opérationnelle s’est transformée en course contre la montre.

La crise n’épargne personne. Lufthansa, Air France, British Airways, Turkish Airlines, Delta Air Lines, American Airlines, jusqu’aux compagnies asiatiques comme Singapore Airlines et Air India, ont suspendu ou drastiquement réduit leurs liaisons vers Tel-Aviv, Dubaï, Doha et d’autres villes de la région.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne a recommandé d’éviter l’ensemble de l’espace aérien du Moyen-Orient en raison du risque d’implication accidentelle de vols civils. Dans certains cas, des pilotes ont signalé avoir observé des tirs de missiles à distance. Le niveau de tension militaire est tel qu’il rend toute planification imprévisible. Les compagnies annoncent des reprises progressives, mais le retour à la normale sera complexe : avions et équipages sont éparpillés sur plusieurs continents, les rotations totalement chamboulées. La normalité ne reviendra pas en quelques heures.

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